La microtechnique

Toujours plus petit, toujours plus performant ! Tel est le mot d’ordre des producteurs et du grand public lorsqu’on évoque la téléphonie mobile, la photographie digitale ou les ordinateurs portables. Si on peut aujourd’hui répondre à ce double objectif, c’est notamment grâce à la microtechnique.

Les domaines qui bénéficient directement ou indirectement des progrès enregistrés en microtechnique sont nombreux.

En plus des applications relativement traditionnelles comme l’horlogerie ou la mécanique de précision, responsables d’une partie importante de la réputation technologique de notre pays, le domaine médical ou celui de l’électronique bénéficient toujours plus des possibilités offertes par la miniaturisation et l’accès aux dimensions nanométriques.

Situées au carrefour de la mécanique, de l’électronique, des matériaux et de l’informatique, vos activités d’ingénieur-e microtechnicien-ne reposent d’abord sur la maîtrise des lois physiques qui régissent les processus de miniaturisation. C’est peut-être la robotique qui incarne le mieux ce croisement de disciplines : même si les robots ne sont pas toujours miniaturisés, leur fonctionnement se base sur la combinaison et la coordination de composants mécaniques, électroniques, optiques ou informatiques.

Vos nombreux et divers domaines d’activité sont dès lors souvent étroitement liés à la production industrielle : cette réalité vous impose de trouver des techniques de production à la fois efficaces (robotique, automatisation, techniques d’assemblages, etc.) et économiquement viables pour vos inventions. A signaler que la mise au point de ces techniques de production repose souvent précisément sur l’utilisation ou le développement d’outils eux-mêmes issus de la microtechnique.

On le voit bien, comme ingénieur-e microtechnicien-ne, vous devez impérativement être capable d’appréhender un produit dans sa totalité. De plus, vous êtes aussi souvent conduit-e à remplir un rôle de chef de projet et à officier comme une véritable plaque tournante située au centre d’une pléiade de spécialistes d’autres domaines de l’ingénierie.

Présentation du programme

Bachelor (180 crédits ECTS)

La 1re année est principalement dédiée à l’acquisition des outils scientifiques comme l’analyse ou la physique qui seront vos fidèles compagnons tout au long des études et de votre vie professionnelle. Mais vous allez aussi vous frotter à du concret avec, entre autres, le projet de CAD où vous concevez un objet que vous réaliserez au cours du stage d’usinage de la 2e année.

Le cycle bachelor couvre ensuite tous les domaines des sciences microtechniques regroupés autour des thématiques :
Systèmes et commande // Electronique et photonique // Produits et production.

Un premier projet complète la formation.

Plan d’études

Perspectives Master

Le Master propose une foule de cours à option et trois projets (deux projets de semestre et le projet de master) donnant une coloration spécifique à votre formation.

Pour 30 crédits supplémentaires, il est possible de compléter votre formation dans des domaines transdisciplinaires variés comme les technologies spatiales, les technologies biomédicales ou l’énergie.


D’autres programmes s’ouvrent aussi à vous après la réussite du Bachelor, notamment certains masters interdisciplinaires.
Plus d’infos sur les programmes d’études Master à l’EPFL.

Veuillez noter que les informations concernant la structure des programmes ainsi que le détail des plans d’étude sont susceptibles d’être ajustés.

Perspectives professionnelles

Une fois le programme bachelor puis un programme master accomplis, vous êtes prêt à entrer dans le monde professionnel.

Comme ingénieur-e en microtechnique, vous disposez d’une palette scientifique et technologique très large qui vous ouvre les portes de nombreuses industries, où vous pourrez oeuvrer tant dans le domaine de la conception que dans celui de la production.

Dans les deux cas, c’est avant tout votre inventivité qui sera mise à contribution, que ce soit pour proposer une solution technique judicieuse à une problématique ou alors pour mettre au point des techniques de production efficaces et économiquement viables.

Les secteurs industriels qui font appel à des ingénieur-es en microtechnique sont aussi nombreux que variés. Il s’agit par exemple du domaine des capteurs et des instruments de mesure, de celui de l’instrumentation médicale et chirurgicale, mais aussi des industries spécialisées dans les instruments d’optique, l’horlogerie ou la robotique. A ces débouchés relativement traditionnels de la microtechnique il convient d’ajouter ceux des technologies spatiales, de l’informatique portable et des systèmes intelligents embarqués (avionique, automobile) ou encore des technologies biomédicales, pour lesquels les besoins de miniaturisation sont considérables. Tous ces produits, pour lesquels le choix du matériaux est souvent crucial, intègrent aussi généralement des composants mécaniques, électroniques, des éléments de contrôle ou de traitement des données et illustrent à merveille la pluridisciplinarité au sein de laquelle vous aurez à évoluer.

A la fin de votre master, vous pouvez aussi choisir d’effectuer un travail de doctorat, à l’EPFL ou dans une autre institution. Vous pouvez alors envisager une carrière académique dans la recherche, dont l’orientation souvent proche des besoins de l’industrie garantit le dynamisme. Vous aurez aussi l’opportunité de créer ultérieurement votre propre structure.


Alumni – que deviennent-ils?

Houssem Ben Salem

A la fin de mes études, j’avais 3 propositions de travail grâce au labo où je faisais mon travail de Master.

Houssem Ben Salem, Bachelor et Master en microtechnique (2012)

Les laboratoires de recherche proposent des projets super intéressants, liés au monde du travail, qui donnent la chance aux étudiants de faire leurs preuves. J’ai travaillé sur un sujet d’entreprise pour mon travail de master, la mission s’est bien passée et j’ai été engagé.

Depuis, je travaille chez TESA, une entreprise qui produit et commercialise des instruments de mesure de précision, du micromètre aux machines de mesure 3D. Je m’occupe du dimensionnement des capteurs en base de lumière, afin de pouvoir les intégrer dans l’instrument/machine de mesure. Le capteur en est le cœur et c’est très important de bien le développer et le maîtriser.

J’ai toujours été passionné par la technologie et la lumière m’intéressait particulièrement. Pour mon Master en Microtechnique, je me suis donc spécialisé en optique appliquée. En combinant la miniaturisation avec la lumière, de nombreuses possibilités s’ouvrent : annuler la lumière par endroit, jouer avec les caméras, sortir un capteur qui mesure sans toucher la pièce. Les instruments hautement technologiques, qui peuvent faire beaucoup de choses et sont utiles en toute situation? Tout cela est possible dans notre monde microtechnique appliqué à la mesure!

Chacune de mes journées contient une partie dédiée au développement. Et fini les équations mathématiques abstraites! La lumière obéit à des équations bien précises qu’il faut combiner pour trouver des solutions en fonction de l’instrument (laser, caméra…). Pour affiner les problèmes, je collabore avec mes collègues de l’équipe mécanique et ceux de l’équipe électronique. Une fois l’avancée théorique entamée, il faut aller la tester au laboratoire. Cela prend du temps, car mettre en place un dispositif pratique qui s’approche de la théorie est un exercice très challenging.

Dans l’esprit des dirigeants, les études à l’EPFL sont vues comme très pointues, et je ne connais aucun diplômé chômeur de ma génération. L’une des choses que j’ai apprise à l’EPFL et que j’utilise tous les jours, c’est la façon dont j’appréhende les problèmes. Etre à l’écoute, bien analyser, ne pas s’aventurer trop vite, rester méthodique et pointilleux. Ce fort esprit analytique et ce regard d’ensemble font la différence. D’ailleurs, je m’oriente maintenant vers la gestion de projets pour utiliser cet esprit analytique et bien gérer un développement de produit de A à Z.


Cléo Moulin

Dans mon job, la routine n’existe pas!

Cléo Moulin, Bachelor et Master en Microtechnique 2012 (optique appliquée, mineur en technologies biomédicales)

Un jour, je suis en Emmental pour apprendre à un enfant comment utiliser une pompe à insuline, et le lendemain, je suis à l’hôpital de Genève pour analyser des capteurs de glycémie. En tant que consultante en support technique et formations pour Medtronic Diabète, j’apprends à des personnes diabétiques à utiliser notre technologie (des pompes à insuline, des capteurs de glycémie et un logiciel d’analyse de données). J’aide et j’accompagne ces personnes et parfois le personnel soignant à régler des problèmes potentiels. C’est un poste très varié, mais qui implique aussi un horaire soutenu et irrégulier ainsi que des déplacements tous les jours.

Grâce à ma formation d’ingénieure EPF, j’ai la capacité d’apprendre et d’être très vite à l’aise avec des systèmes technologiques: compréhension du fonctionnement des dispositifs, résolution des problèmes, interprétation des courbes de glycémie sur notre logiciel. Plutôt que des formules apprises dans des livres, c’est surtout la méthodologie et la rigueur acquises durant les études que j’utilise au quotidien. Ces atouts m’ont permis de m’adapter très vite aux besoins de mon poste, au rythme de travail, à la langue (majoritairement suisse-allemand).

J’ai toujours voulu avoir un travail profondément utile et rendre service. J’avais donc deux domaines en tête: la santé ou l’énergie. Comme j’apprécie énormément le contact humain, je me suis tournée vers le médical. J’ai orienté mon Master dans ce domaine, en choisissant un mineur en technologies biomédicales. En plus des cours spécifiques, j’ai aussi effectué plusieurs projets dans le laboratoire de mesure et analyse du mouvement de l’EPFL, qui se rapprochent beaucoup des tâches de mon métier actuel.

J’ai étudié la microtechnique car c’est un domaine multidisciplinaire, qui m’a permis d’étudier des branches diverses et de garder une vue d’ensemble dans les projets. En effet, j’ai toujours eu des intérêts très (trop?) variés, et je ne parvenais pas à me résoudre à choisir un seul domaine! Durant les études, je conseillerais vivement de, si possible, se faire une première expérience professionnelle (stage, job d’étudiant), de développer des connaissances non-académiques (langues, gestion de personnes,..), de se créer un réseau et de se renseigner et comprendre quels sont les postes réels sur le marché! En effet, à la fin de mon cursus, il m’a fallu beaucoup de persévérance pour trouver l’emploi que je voulais. Je me suis retrouvée face à un marché du travail relativement saturé qui me reprochait un manque d’expérience non-académique, une situation à laquelle les jeunes diplômés ne sont pas préparés.

Contact

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