Sciences et ingénierie de l'environnement

En matière d’environnement, notre planète est confrontée à des défis majeurs : changements climatiques, raréfaction des ressources comme l’eau potable, pollution, croissance de la population humaine ou encore perte de la biodiversité ; les problématiques environnementales sont non seulement variées, mais aussi toujours plus complexes.

Si l’invention de solutions appropriées à ces thématiques implique des dimensions humaines, économiques et sociales, elle ne peut pas être envisagée sans prendre en compte les progrès scientifiques et techniques.

La maîtrise et la compréhension des technologies sont aujourd’hui essentielles pour agir sur l’environnement. Les biotechnologies tiennent ainsi une place importante dans le traitement des eaux usées, la revalorisation des déchets solides ou la réhabilitation des sols pollués. Souvent considérés avec méfiance, les bactéries et les champignons peuvent aussi se révéler de précieux alliés si l’on est capable de canaliser leur action vers un but précis. Comme ingénieur-e en environnement, votre rôle consiste à analyser la nature de la pollution, à définir le traitement adéquat, puis à assurer le suivi et l’efficacité de sa mise en place.

L’ingénierie de l’environnement se doit aussi de contribuer à une utilisation responsable des ressources naturelles que sont l’eau, le sol et l’air. Vous aurez donc à évaluer ces ressources et à les gérer dans le cadre d’écosystèmes fragiles qui suivent un comportement complexe difficilement prévisible. Vous y parviendrez notamment par une exploitation rigoureuse des données issues de mesures in situ ou de modélisations.

Vous serez aussi impliqué-e dans l’évaluation des risques naturels. Là aussi, votre approche passera notamment par une utilisation accrue du monitoring de l’environnement, une discipline en plein essor qui permet une collecte toujours plus exhaustive des principaux paramètres nécessaires au suivi et à la modélisation des phénomènes environnementaux.

Présentation du programme

Vous acquerrez l’essentiel des bases scientifiques en mathématiques et en physique au cours de la 1re année d’étude. Les deux années suivantes comprennent d’une part une formation générale aux sciences de l’environnement (chimie environnementale, microbiologie, sciences du sol, physico-chimie de l’atmosphère, etc.) et d’autre part des cours dédiés aux techniques de l’ingénieur (Hydrology for engineers, génie sanitaire, gestion des eaux et des déchets, méthodes quantitatives, etc.).

Ce programme commun est à compléter par un choix de cours à option.

Plan d’études

Bachelor (180 crédits ECTS)


Perspectives Master

Le master propose une vaste palette de cours regroupés au sein de trois spécialisations :

  • Chimie et bioprocédés environnementaux
  • Ingénierie des eaux, des sols et des écosystèmes
  • Monitoring et modélisation de l’environnement

Vous avez aussi la possibilité de suivre des spécialisations dans lesquelles les sciences de l’environnement interviennent, comme par exemple des cours en développement du territoire et urbanisme ou en énergie. Vous effectuez en outre un stage pour forger votre expérience du terrain.


D’autres programmes s’ouvrent aussi à vous après la réussite du Bachelor, notamment certains masters interdisciplinaires.
Plus d’infos sur les programmes d’études Master à l’EPFL.

Veuillez noter que les informations concernant la structure des programmes ainsi que le détail des plans d’étude sont susceptibles d’être ajustés.

Perspectives professionnelles

Après avoir terminé un bachelor puis un master, en tant qu’ingénieur-e SIE, vous devez avant tout apporter des solutions techniques aux multiples problématiques liées à l’environnement et au territoire. Quelle que soit la structure professionnelle dans laquelle vous vous engagez, vous travaillez régulièrement dans un contexte multidisciplinaire qui impliquera des capacités d’écoute et de négociation. Votre approche doit systématiquement être globale, ce qui signifie qu’avant de proposer une solution, vous avez à analyser le contexte spatio-temporel de la problématique à résoudre.

A titre d’exemple, la dépollution d’un site industriel implique, en plus du travail d’analyse des polluants à éliminer, tout un travail d’investigation visant à reconstituer les circonstances (historique du site et de son exploitation) qui sont à l’origine de la contamination. Vous agissez de façon similaire si vous travaillez dans le domaine de la gestion des ressources, puisque vous devez aussi effectuer des évaluations spatio-temporelles, notamment pour établir des prévisions. Dans les deux cas, les outils de représentation géographique vous offriront une aide précieuse pour superposer les solutions que vous préconisez avec la situation passée, existante ou future.

Vos employeurs potentiels sont en premier lieu des bureaux d’ingénieurs-conseils ou des bureaux d’études en environnement. Vous aurez aussi la possibilité d’oeuvrer dans des administrations publiques (assainissement, gestion des déchets, aménagement du territoire, etc.), dans des institutions de protection de l’environnement ou encore dans des entreprises de distribution (eau, électricité, gaz) ou des laboratoires spécialisés dans les technologies environnementales. Finalement, vous pouvez aussi approfondir vos connaissances par une thèse de doctorat ou alors envisager de travailler dans la coopération technique.


Alumni – que deviennent-ils?

Julien Omlin

C’est la perspective d’apporter des solutions concrètes aux problématiques environnementales actuelles - fonte des glaciers, aménagement du territoire chaotique, réchauffement climatique (CO2), gestion des déchets -, qui m’a décidé à choisir un cursus en science et ingénierie de l’environnement.

Julien Omlin, Bachelor et Master en science et ingénierie de l’environnement (2011)

Mais même si je travaille aujourd’hui comme chef de projet environnement, étudier ce domaine n’a pas toujours été une évidence pour moi! En effet, après mon gymnase en biologie-chimie, j’ai d’abord effectué une année de psychologie à l’université, avant de réaliser que les aspects scientifiques et techniques me manquaient. Je me suis donc inscrit à l’EPFL.

Aux CFF, je travaille sur des projets allant des phases de planification jusqu’à l’exécution. Les types de projets sont très divers, passant de la construction ou modification de gares, de voies, de parois antibruit, à l’élargissement de tunnels pour passage de trains à 2 étages, ou encore des modifications d’alimentation électrique. Mon rôle est de m’assurer que ces projets soient conformes à la législation environnementale suisse, l’une des plus complète et restrictive au monde. C’est un travail pluridisciplinaire, où l’organisation et la gestion des délais sont des points clé. Cela implique aussi du travail de terrain, ce qui était un critère important à mes yeux.

L’environnement a une place prépondérante au sein de l’entreprise, à de nombreux niveaux: celui de la réduction d’énergie par exemple, grâce à l’amélioration du matériel roulant; du respect de toutes les normes environnementales suisses, lors de projets de construction; ou encore au niveau même de l’entreprise. En employant près de 30’000 personnes, une entreprise a des impacts sur l’environnement, qui peuvent être réduits au travers de bonnes pratiques environnementales.

A la fin de mes études, je n’avais pas de travail précis en tête, mais l’envie d’appliquer mes connaissances et d’acquérir une première expérience. J’ai travaillé quelques mois dans un petit bureau d’ingénieur, mais j’ai eu un sentiment d’inachevé dans le domaine de la recherche. Je suis revenu à l’EPFL comme assistant scientifique – je ne voulais pas commencer de doctorat -, et j’ai pu mener mes propres recherches dans le domaine de l’eau. Suite à cette expérience enrichissante, je me suis à nouveau tourné vers le privé.

Beaucoup de mes collègues de volée travaillent dans des bureaux d’ingénieurs, où ils réalisent des études techniques pour le compte de clients privés ou publics. D’autres sont actifs dans des entreprises privées ou alors dans les services environnement cantonaux. J’ai d’ailleurs l’occasion de temps en temps de collaborer avec d’anciens collègues pour certains projets, ce qui est toujours plaisant !


Franklin Golay

Après mon Master, j'ai décidé de m'orienter vers le monde humanitaire. Je suis parti au Nicaragua et j’y ai trouvé sur place un stage d'un an avec l'ONG WaterAid.

Franklin Golay, Bachelor et Master en sciences et ingénierie de l’environnement (2011)

J’ai découvert là-bas un très beau cadre (la côte caraïbes du Nicaragua, enclavée et autonome) et des projets de développement dans le domaine Eau, Hygiène et Assainissement (EHA) intéressants et variés dans plusieurs communautés indigènes. Parmi ces projets: de la cartographie de points d’eau, de la construction de réseaux d’adduction et d’ouvrages de récupération d’eau de pluie, et de la formation et renforcement de capacités locales. Premières équipes, premiers chantiers et budgets à gérer, l’expérience vient rapidement dans ces conditions et permet de trouver facilement un poste par la suite.

Pour moi, la suite s’est écrite comme responsable de projets EHA et responsable de base avec l’ONG ACTED en RDC. Cela signifie un projet passionnant de développement EHA ciblant des dizaines de communautés, ainsi que des grandes responsabilités. Avec des équipes de construction ainsi que des équipes de sensibilisation à gérer en parallèle et une logistique sur place pas toujours aisée, les challenges ne manquent pas. Tout ça dans un endroit magnifique, entre la jungle et les grands fleuves de RDC!

Les études en sciences de l’environnement permettent non seulement aux diplômés d’obtenir les capacités techniques, mais surtout la capacité d’apprendre et de s’adapter aux différentes situations. Un aspect extrêmement important dans le travail humanitaire! Pour s’orienter dans ce domaine, quelques cours sont particulièrement intéressants: le cours sur l’hydrologie, le cours de génie sanitaire et gestion des eaux, et bien sûr le cours de mécanique des fluides. Je recommande également l’option ‘Ingénierie des eaux, du sol et des écosystèmes’ lors du Master, l’option qui selon moi répond le mieux aux besoins des pays en crise ou en voie de développement. Un stage d’ingénieur dans ce domaine pourrait par ailleurs être une bonne idée et servir de porte d’entrée.

Des ingénieurs responsables de programme EHA sont régulièrement demandés par les ONG internationales, partout dans le monde. Etant donné la multiplicité des acteurs humanitaires (aussi bien francophones qu’anglophones, germanophones et hispanophones) et la grande diversité de zones d’interventions, les possibilités pour les diplomés sont nombreuses.


Chantal Imhof

Ce sont deux catastrophes naturelles majeures survenues en 1993 et 2000 dans le Haut-Valais qui m’ont poussée à faire des études en science et ingénierie de l’environnement.

Chantal Imhof, Bachelor et Master en sciences et ingénierie de l’environnement (2008)

Je suis originaire de cette région et j’ai eu envie de contribuer à la réduction de ces risques.

Aujourd’hui, je suis donc active dans la prévention de dangers, dans un bureau d’ingénieurs civils à Sion. Je m’intéresse spécifiquement à la protection contre les crues. Ce travail comprend principalement l’élaboration de cartes de dangers hydrologiques et des projets de sécurisation de torrents.

J’avais déjà abordé le domaine de la gestion des risques à l’EPFL. Pendant mes études, j’ai effectué un stage dans une entreprise spécialisée dans la gestion de risques au sens large du terme, et lors de mon travail Master, j’ai étudié les risques pour la santé des chercheurs travaillant avec des nanoparticules synthétiques.

Après mon diplôme, j’ai travaillé pendant trois ans dans le domaine sécurité et environnement d’une entreprise ferroviaire. J’étais notamment chargée de l’organisation d’audits de sécurité et environnementaux, de l’analyse de la sécurité des tunnels existants, de la gestion des sites pollués et j’ai représenté mon entreprise dans un groupe de travail pour réduire les risques du transport de marchandises dangereuses.

Lors de mes études, j’étais autant intéressée par les cours de la filière « Ingénierie des eaux, des sols et des écosystèmes » que par ceux de la filière « Gestion de la pollution et écologie industrielle ». La formation pluridisciplinaire de SIE permet d’être flexible face aux changements et d’être apte à travailler dans des domaines complètement différents. Mes activités professionnelles tournent autour de la gestion de risques de toutes sortes, et mon expérience montre qu’il est possible de passer d’un domaine à l’autre.

Contact

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