L'ingénierie des sciences du vivant

L’étude du vivant compte parmi les domaines qui ont le plus bénéficié de la rapide évolution technologique de ces dernières années. Il est délicat d’isoler une seule discipline qui serait responsable des progrès observés. En fait, c’est la convergence de divers facteurs, a priori considérés comme indépendants, qui en est la cause.

Résultat de la mise en application de découvertes en physique, l’amélioration des techniques d’observation quantitative a engendré une augmentation considérable du volume des informations disponibles.

En plus de leur accroissement, la nature de ces dernières est devenue telle que leur analyse ne peut être envisagée sans des traitements automatisés. Ceux-ci impliquent le développement d’algorithmes mathématiques et l’augmentation de la puissance des ordinateurs, rendue possible par des composants électroniques miniaturisés fabriqués avec des matériaux toujours plus pointus.

Une miniaturisation qui a en outre favorisé le développement de capteurs plus performants. L’étude et la compréhension du vivant passe donc aujourd’hui impérativement par des observations précises, dont il faut connaître et maîtriser les technologies. Le rapprochement nécessaire entre deux mondes jusque-là séparés a donné naissance à  notre programme de bachelor en ingénierie des sciences du vivant.

La formation dispensée à l’EPFL se trouve à l’interface entre les sciences du vivant et les disciplines de l’ingénierie. Elle évolue vers une approche quantitative des phénomènes biologiques : on ne se contente plus de les observer, on veut aussi les mesurer. Cette démarche passe par une utilisation accrue de la modélisation informatique : grâce à la simulation du comportement d’un nombre toujours plus grand d’organismes vivants, il est possible d’accélérer les processus de découverte. Le nombre de certaines expérimentations, souvent longues et couteuses, diminue donc. Cette approche s’est traduite dans le domaine du vivant par le décodage du génome humain, une meilleure compréhension des systèmes biologiques complexes, la médecine régénérative (réactivation des fonctions cellulaires ou tissulaires) ou la thérapie génique (tentative de correction des erreurs génétiques causant des maladies redoutables). Des percées récentes qui offrent aux sciences du vivant des perspectives enthousiasmantes.

Présentation du programme

Bachelor (180 crédits ECTS)

La formation met un fort accent sur les mathématiques et la physique, puisque ces matières représentent près de la moitié du volume des cours de 1re et 2e années. L’informatique tient également une place importante. Viennent ensuite les cours de biologie cellulaire et moléculaire ainsi que la chimie. En 3e année, le cursus propose deux blocs : l’un en « Engineering » (avec des cours d’électronique p. ex.), l’autre en « Biosciences » où sont approfondis des sujets comme la physiologie des systèmes. Vous pourrez également choisir des options comme la génétique, la biologie du développement ou encore l’intelligence artificielle ou la mécanique des structures.

Plan d’études


Perspectives Master

Ce programme Master nouvellement proposé en 2018-19 résulte de la fusion des deux programmes Master précédents en Bioingénierie et Sciences et technologies du vivant. Tous les cours restent disponibles avec un renforcement de la formation en ingénierie.

Le programme de ce master se concentre sur la recherche et le développement des technologies appliquées aux sciences du vivant. Il couvre des disciplines telles que : mécanique des systèmes biologiques; bioélectronique et biosensing; bioimagerie et biophotonique; traitement de signal et analyse de données; bioinformatique et biostatistique; aussi bien sur des aspects importants de la recherche biomédicale actuelle et des technologies d’ingénierie appliquée pour des domaines incluant : la médecine moléculaire; l’ingénierie tissulaire; l’oncologie; l’immunologie; la neuroprosthétique; les neurosciences;  l’interaction cerveau-ordinateur ou les sciences biocomputationnelles. Le cycle master est complété par un projet de master de recherche en laboratoire en milieu académique ou en industrie. Ce dernier peut être effectué à l’EPFL ou dans d’autres universités de hauts rangs dans le monde.


D’autres programmes s’ouvrent aussi à vous après la réussite du Bachelor, notamment certains masters interdisciplinaires.
Plus d’infos sur les programmes d’études Master à l’EPFL.

Veuillez noter que les informations concernant la structure des programmes ainsi que le détail des plans d’étude sont susceptibles d’être ajustés.

Perspectives professionnelles

Suite au bachelor, le master en ingénierie des sciences du vivant est conçu pour vous doter de compétences pluridisciplinaires permettant de vous insérer facilement dans les domaines émergeants des sciences du vivant comme la médecine régénérative, les biomatériaux, la biodélivrance, les nouvelles technologies de diagnostic et bien d’autres encore. Il ouvre ainsi des perspectives professionnelles captivantes et très variées.

Vos employeurs seront les industries pharmaceutiques, les entreprises spécialisées dans les biotechnologies ou les technologies médicales. Il vous est aussi possible de rejoindre les hôpitaux ou différents laboratoires d’analyses où vous pourrez offrir vos compétences dans la gestion et mise en place des infrastructures techniques.

De par vos connaissances, vous pouvez aussi envisager de remplir des tâches de conseiller ou de conseillère en matière d’investissements et de gestion de portefeuilles dans le domaine de l’innovation biomédicale, de la biotechnologie ou de la pharma. De nombreux diplômés complètent leur formation en effectuant un travail de doctorat que ce soit au sein de l’EPFL ou dans une autre université.

Un tel choix vous offre des perspectives intéressantes en vue d’une carrière de chercheur dans une haute école ou au sein d’une entreprise, mais il vous permet aussi d’envisager de fonder votre propre société pour tenter de commercialiser vous-même le résultat de vos découvertes !


Alumni – que deviennent-ils?

Claire Roulin

Je travaille dans une entreprise qui fournit de l’équipement pour la production de médicaments biologiques, comme des filtres, des fermenteurs ou des balances.

Claire Roulin, Bachelor et Master en sciences et technologies du vivant (2010)

Concrètement, j’apporte un support technique aux équipes commerciales sur des produits spécifiques en purification, surtout pour l’élimination de virus. Je vais chez les clients pour leur apprendre à utiliser nos produits, faire des essais ou résoudre les problèmes techniques qui peuvent survenir.

Mon travail est un bon mélange de sciences et de marketing. Un projet commence toujours par une réunion technique avec le client. Si nous parvenons à le convaincre, elle sera suivie par des essais à petite échelle dans son laboratoire. Par exemple, un client peut vouloir intégrer un filtre antivirus dans son procédé. En cas de succès, des essais à plus grande échelle ont lieu, suivis par une validation du procédé. Dans le cas de ce filtre antiviral, pour le valider, je dois me rendre dans un laboratoire spécialisé, afin d’effectuer la filtration avec le produit du client et des «vrais» virus. Comme un projet peut prendre des années à se concrétiser, j’ai constamment une trentaine de projets en cours.

J’ai fait mon travail de master en recherche & développement dans l’entreprise où je travaille actuellement, puis un stage dans le département marketing. Ces deux ans à la maison-mère en Allemagne m’ont permis de me créer un réseau interne. Cela m’a aussi permis de rencontrer mes collègues actuels et de me rendre compte que c’était le boulot dont je rêvais. J’ai ensuite eu beaucoup de chance, car mon chef a accepté de créer une nouvelle position, pour moi, en Suisse. La transition études/projet de master/stage/emploi s’est donc faite en douceur. Si un poste vous intéresse, mon conseil serait de toujours en parler. Les gens qui vous entourent ne s’en rendent pas forcément compte.

Je voyage beaucoup en Europe, surtout en Suisse, en Italie et en Hollande. J’adore le fait de travailler avec des clients très différents, qu’il s’agisse de leur nationalité, du type de projets (anticorps monoclonaux, vaccins, thérapie génique, …) ou de leur taille (des multinationales comme Novartis, Baxter ou Lonza aux petites PME en passant par les start-ups). Mais attention : le revers de la médaille existe aussi. Les voyages constants sont fatigants, et on se lasse des hôtels et des restaurants au quotidien. C’est aussi difficile de maintenir une vie sociale en étant constamment en déplacement. Malgré tout, cette variété rend chaque projet différent et intéressant!

Contact

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