Nanomatériaux

Groso et al.: Management of nanomaterials safety in research environment. Particle and Fibre Toxicology 2010 7:40.

Définition de nanomatériaux

En octobre 2011, le terme « nanomatériau » a été défini par la Commission européenne comme:

Matériau naturel, formé accidentellement ou manufacturé contenant des particules libres, sous forme d’agrégat ou sous forme d’agglomérat, dont au moins 50 % des particules, dans la répartition numérique par taille, présentent une ou plusieurs dimensions externes se situant entre 1 nm et 100 nm.

Par dérogation à cette définition,

les fullerènes, les flocons de graphène et les nanotubes de carbone à paroi simple présentant une ou plusieurs dimensions externes inférieures à 1 nm sont à considérer comme des nanomatériaux.

 

Ici nous prenons en considération les nanomatériaux manufacturés (ENMs) et aussi les nanocouches avec une dimension inférieure à 1 nm et les nanotubes de carbone multi-parois.

 

Santé et sécurité au travail

L’exposition aux ENMs peut se produire par inhalation, contact avec la peau ou ingestion. L’inhalation est la voie d’exposition la plus critique.

Des études expérimentales initiales avec ENMs dans des cultures cellulaires et des animaux de laboratoire ont montré que la réponse biologique à certains ENMs peut être élevée comparée à celle de plus grandes particules ayant la même composition chimique (pour la même dose massique).

En plus du nombre de particules et de la surface spécifique (la surface par unité de masse) d’autres caractéristiques des particules peuvent influencer la réponse biologique. Ceux-ci comprennent la solubilité, la forme, la charge et la chimie de surface,  les propriétés catalytiques, les polluants adsorbées (et d’autres changements de surface intentionnels et non intentionnels), ainsi que le degré d’agglomération.

Travailler avec les Nanomatériaux

Les mesures de précaution pour limiter l’exposition

En l’absence de preuves scientifiques complètes, la menace potentielle sur la santé humaine et l’environnement des matériaux en développement est supposée être telle que des mesures de précaution doivent être prises jusqu’à ce que la sécurité de ce matériau soit certifiée.

Pour minimiser l’exposition potentielle aux nanomatériaux manufacturés (ENMs) il faut mettre en place une combinaison des mesures stratégiques, techniques, organisationnelles et personnelles

Les 4 mesures stratégiques principales sont les suivantes :

  1. Remplacement des matériaux premières/produits bruts par des matériaux/produits moins toxiques
  2. Changement de l’état physique du produit ou matériau : utilisation de dispersions, pâtes, granules ou composites à la place de poudres ou d’aérosols
  3. Remplacement d’un procédé à sec (« dry process ») par un procédé humide (« wet process »).
  4. Confinement du procédé (empêcher un contact direct avec le matériau)

 

Directive interne de l’EPFL sur le travail avec les ENMs

Une fois que les mesures stratégiques sont mises en place (autant que possible), des mesures techniques, organisationnelles et personnelles doivent être appliquées pour assurer un travail en toute sécurité. Ces mesures sont spécifiées dans la directive interne de l’EPFL qui réglemente tous les aspects de sécurité liés aux activités avec les ENMs.

Si vous êtes impliqué dans la production et/ou utilisation d’ENMs: vous devez classifier votre laboratoire dans un des trois niveaux de danger Nano (1, 2 ou 3) selon la directive interne.

Si la classification obtenue est Nano 1: le laboratoire doit suivre les mesures de sécurité données dans les annexes 5 et 6 de la directive.

Si la classification obtenue est Nano 2 ou Nano 3: le responsable de laboratoire doit nous contacter.

Le SCC analysera le procédé plus en détail et examinera les possibilités de réduire la classe Nano et/ou de regrouper les activités. Le résultat de cette analyse plus détaillée donnera la classification Nano définitive du laboratoire et les mesures de sécurité correspondantes qui devront être suivies.

Stratégies de confinement

Même si on part du principe que les substances dangereuses ne posent aucun risque une fois confinées, la meilleure option quand on travaille avec des nanomatériaux est de confiner, si possible, le processus dans sa totalité. Les boîtes à gants ou les chambres étanches (« sealed chambers ») sont des exemples de systèmes confinés.

Inscription à l’examen médical

L’examen médical est un examen préventif obligatoire (avec 5 ans d’intervalle) pour tous ceux qui :

  1. Travaillent dans des zones classées Nano2 et 3;
  2. Pour une durée annuelle d’exposition de plus de 30 jours ou 200 heures.

Si vous remplissez ces 2 critères, nous vous prions d’envoyer un mail pour vous inscrire pour l’examen médical. Spécifiez le type et la classe des nanomatériaux et le temps d’exposition.

Valeurs limites d’exposition pour les nanomatériaux

Les valeurs limites d’exposition au travail se réfèrent à la concentration d’un produit chimique ou substance dans l’air de la zone de respiration des travailleurs qui ne devrait pas entraîner des effets nocifs pour la santé ou un inconfort pour la plupart des travailleurs.

Les valeurs limites d’exposition n’ont pas encore été établies en Suisse ou à l’étranger. Les seules exceptions sont :

  • les nanoparticules de TiO2, dont la limite d’exposition indicative est fixée à 0,3 mg/m3 (fraction alvéolaire);
  • les nanotubes et les nano fibres de carbone (d’une longueur de plus de 5 μm, diamètre inférieur à 3 μm, d’un rapport longueur/diamètre supérieur à 3:1), dont la limite est fixée à 0,01 fibre / ml.