Carrières dans l’industrie du sport

Careers Sport

Health for Performance – Lausanne 2020 Youth Olympic Games

Le sport offre de nombreuses opportunités de carrière aux diplômés de l’EPFL. L’évolution des équipements, l’intégration toujours plus poussée des technologies pour la formation, le suivi des performances ou la diffusion de contenus nécessitent le recours à des experts issus des programmes de formation de notre École. Ces nouvelles voies se développent rapidement.

Opportunités de carrière dans l'industrie du sport pour les étudiants de l'EPFL

Opportunités de carrière dans l'industrie du sport pour les étudiants de l'EPFL

Témoignages

Daniel Schmäh
Daniel Schmäh (MX’05) Ingénieur développement produit chez Nidecker Group

Quelle est votre fonction actuelle ?

J’occupe actuellement une fonction d’ingénieur développement produits au sein du Nidecker Group. Je suis responsable de plusieurs projets innovants avec des développements à long terme sur des produits relatifs à la pratique du snowboard et participe également activement à d’autres projets techniques futurs du groupe. 

Quel est votre parcours ?

J’ai commencé mon parcours professionnel dans une start-up de l’EPFL qui avait pour objectif de développer les processus de production de composites techniques pour l’industrie automobile. Ça a été une bonne école mais c’est un domaine où les développements prennent beaucoup de temps. Passionné par le sport et la voile notamment, j’ai sauté deux ans plus tard sur l’occasion d’intégrer le bureau d’étude de l’Hydroptère (devenu par la suite Hydros) lorsque celui-ci a ouvert à l’EPFL Innovation Park. Cette expérience a été très enrichissante, avec des boucles de développement super rapides et à la pointe de la technologie des composites. Hydros a été une expérience incroyable et vraiment formatrice, de pouvoir gérer des développements allant du concept, au dessin 3d puis au suivi de production et finalement aux tests sur l’eau à faire soi-même. Il y a 5 ans, avec le départ du bureau Hydros à Dubaï, j’ai intégré le groupe Nidecker, actif principalement dans le monde du snowboard, qui me permet de rester dans une de mes passions et de gagner en expérience sur la partie business du développement de produits. 

Comment l’EPFL vous a-t-elle préparé à votre carrière ?

La filière sciences des matériaux que j’avais suivie à l’époque m’a permis d’acquérir un bagage technique avec notamment une très bonne culture générale sur les différents matériaux existants, leurs propriétés, ainsi que leurs différents processus de mise en œuvre. Cette formation ainsi que l’EPFL de manière plus générale, m’ont également donné les outils et la structure nécessaires à relever et mener des projets techniques de leur mise en place jusqu’à leur réussite. 

Quel est le produit que vous rêveriez de développer ?

Je rêve de développer un jour un produit de loisir qui n’ait absolument aucun impact écologique de sa fabrication jusqu’à son élimination… 

Votre plus belle réussite professionnelle dans le secteur du sport ?

Le record du monde de vitesse à la voile que nous avons battu avec l’hydroptère en 2009, fruit du travail d’une superbe grande famille de passionnés et réalisé sur un bateau optimisé par notre équipe R&D interne.

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Interview réalisée en 2021

Lise Van Long
Lise Van Long (CH’00) Responsable de la durabilité de l’entreprise – CIO

Quelles sont vos activités actuelles ?

Je travaille dans l’équipe de la durabilité du Comité International Olympique (CIO), en tant que Senior Manager. Ayant rejoint le CIO en 2016, j’ai contribué à l’élaboration de la première stratégie de durabilité de l’organisation, qui avait pour but de renforcer le niveau d’ambition du CIO en matière de durabilité. Avec mes autres collègues, je travaille désormais à la mise en œuvre de cette stratégie au niveau de l’institution elle-même, des Jeux Olympiques et du Mouvement olympique – qui comprend notamment les fédérations de sport internationales et les comités nationaux olympiques. Au quotidien, il s’agit de gérer une multitude de projets tels que le plan climat, la politique d’achats responsables et les échanges avec les fournisseurs à ce sujet, des études sur des sujets d’innovation durable, l’élaboration de guides méthodologiques pour nos parties prenantes, etc. Et ces dernières années, j’ai eu la chance de contribuer au projet passionnant qu’a été la construction de notre nouveau siège selon des normes de durabilité très élevées.

Quel est votre parcours ?

J’ai suivi une formation d’ingénieure chimiste à l’EPFL (actuel Master en génie chimique). Etant passionnée par les questions d’écologie, je me suis orientée vers la chimie de l’environnement en dernière année, puis j’ai suivi un cours de Master en Management de l’Environnement à MinesParisTech. J’ai travaillé 15 ans dans le conseil en environnement, à Paris et Londres, d’abord dans une grande société d’ingénierie (AECOM) puis dans un petit bureau d’études (Bio Intelligence Service) et enfin chez Deloitte. En 2015, je suis revenue en Suisse avec l’intention de découvrir autre chose, et j’ai eu l’opportunité de rejoindre le CIO dans une équipe en création.

Comment l’EPFL vous a-t-elle préparée à votre carrière ?

Mes études à l’EPFL m’ont apporté de nombreux outils et un savoir-faire pour aborder des problèmes complexes, qu’ils soient de nature scientifique ou autres. La chimie étant présente partout, mon cursus de base s’est révélé utile dans de nombreuses situations et encore aujourd’hui quand il s’agit de calculer des bilans carbone. Sur le plan humain, le fait d’avoir étudié dans un environnement international tel que l’EPFL a été un atout majeur pour la suite de ma carrière, élargissant le champ des possibles.

Le sport, pour vous, c’est…

D’abord une grande source d’inspiration ! Je suis convaincue que les valeurs véhiculées par le sport et les bienfaits physiques et mentaux liés au sport peuvent contribuer à un monde meilleur. Et en matière de durabilité, il y a encore beaucoup à faire dans ce domaine, donc c’est passionnant.

Quelles sont vos collaborations actuelles avec l’EPFL?

Suite à diverses collaborations ponctuelles (notamment avec la faculté d’architecture dans le cadre de la construction de notre nouveau siège), le CIO et l’EPFL ont signé un protocole d’accord en 2019 pour faciliter la collaboration sur divers sujets d’innovation liés au sport et à la durabilité. Par exemple, nous avons travaillé avec le Smart Living Lab (Prof. Fivet) et le laboratoire EAST (Prof. Fröhlich) de la Faculté d’Architecture pour créer un think tank qui promeut l’innovation durable dans le domaine des infrastructures sportives, tandis que le laboratoire LEPA (Prof. Girault) nous a conseillé lors de l’installation d’une station hydrogène pour notre flotte de véhicules.

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Interview réalisée en 2021

Bertrand Cardis
Bertrand Cardis (GM’81) Administrateur Decision SA – Fondateur Niveole SARL

Quelles sont vos activités actuelles ?

Après 30 ans d’activité à la Direction de Decision SA où j’ai travaillé pour le sport, je m’offre du temps libre pour faire plus de sport et en particulier du vélo. Parallèlement, j’ai créé un bureau de consultant, Niveole SARL, qui me permet de valoriser l’expérience acquise toute ces années de manière ponctuelle et peu chronophage. Je suis également encore actif dans plusieurs conseils d’administration.

Quel est votre parcours ?

J’ai obtenu un diplôme EPFL d’ingénieur mécanicien en hydraulique en 1981. Au cours de mes études, j’ai participé notamment avec mon camarade Franck Riboud à un projet de semestre pour le développement d’une planche à voile. On l’a imaginée, simulée numériquement puis construit une maquette, mené des tests en bassin de carène, et finalement réalisé un prototype qui nous a permis de valider les hypothèses en naviguant dessus. Ce projet nous a permis de passer entre les silos des différentes sections, ce qui ne se faisait pas à l’époque.  A notre échelle, c’était un premier projet interdisciplinaire et je suis heureux de voir que l’EPFL offre désormais cette opportunité aux étudiants grâce aux projets MAKE.

Comment l’EPFL vous a-t-elle préparé à votre carrière ?

J’ai toujours été passionné de voile et très actif en compétition. A la sortie de mes études, je me suis engagé dans la course autour du monde en équipage sur Disque d’Or 3. 135 jours de compétition en mer. A mon retour, nous avons décidé avec les membres du Swiss Ocean Racing Club de créer Decision SA pour construire le bateau UBS Switzerland destiné à cette compétition. A l’époque je pensais passer 2 à 3 ans dans cette activité et reprendre mon activité d’ingénieur hydrodynamicien. L’avenir m’a donné tort, ma passion de la voile et de la compétition est devenue mon métier et j’ai fait toute ma carrière dans cette entreprise.

Si je n’avais pas fait l’EPFL, je n’aurais jamais réussi à mener cette carrière. Cette école permet d’avoir une vision globale et holistique, les compétences que l’on y acquiert permettent d’appréhender une problématique dans sa globalité.

Quel est votre plus grand souvenir professionnel de sport ?

Enfant je rêvais de construire des bateaux. J’ai participé à la fabrication des deux premiers à 16 ans, il s’agissait d’Optimists que j’avais fabriqués pour mes deux sœurs. Mais même dans mes rêves les plus fous, je n’avais jamais osé imaginer réaliser un bateau pour la Coupe de l’America. Alors en construire plusieurs et contribuer deux fois à la victoire du team Alinghi, ça m’a réellement permis de combler mes rêves les plus fous.

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Interview réalisée en 2021

Alexandre Aellig
Alexandre Aellig (SC’06) COO Lausanne Hockey Club

Quelles sont vos activités actuelles ?

J’ai accompagné les nouveaux actionnaires du Lausanne Hockey Club dans les discussions qui ont mené à la reprise du club en mai 2020. Mes activités sont essentiellement centrées sur la gestion et la réorganisation du groupe dans le contexte actuel particulier afin d’être prêt pour la reprise – notamment des activités événementielles au sein de la Vaudoise Aréna – que l’on espère prochaine.

Quel est votre parcours ?

J’ai commencé ma carrière professionnelle en marge de mes études à l’EPFL, en travaillant pour une start-up active dans les réseaux mobiles. J’ai ensuite fait mon Master en entreprise à l’UBS, ce qui m’a convaincu à poursuivre dans le domaine financier. J’ai alors rejoint un Family Office à Genève, en tant qu’analyste Hedge Fund, où j’ai évolué pendant près de huit ans dans la gestion d’investissements. Par la suite, mes activités de conseil auprès de clients en Europe et au Moyen-Orient, notamment dans le cadre de transactions dans le sport et la technologie, m’ont permis de renouer avec mes études premières.

Qu’est-ce qui vous a fait bifurquer du milieu financier au domaine sportif?

La finance, notamment le capital-investissement, touche un domaine d’activités très large, et c’est donc assez naturellement que ce virage s’est opéré au gré de ces dernières années, même si c’est la première fois que mes fonctions m’amènent à être directement impliqué au jour le jour dans le domaine sportif. Le fait d’avoir participé à la transaction de rachat du club a bien évidemment précipité les choses.

Comment l’EPFL vous a-t-elle préparé à votre carrière ?

Ayant fait des études classiques, l’EPFL m’a donné la chance d’envisager des études d’ingénieur sans forcément avoir fait les études scientifiques préalables. Outre le bagage mathématique, les études que j’ai suivi en Système de Communications m’ont permis d’acquérir une rigueur et une logique qui m’ont suivi tout au long de ma carrière. Mes connaissances acquises à l’EPFL se révèlent particulièrement précieuses en ce moment, alors que nous entamons une transition des outils digitaux au sein du LHC.

Quelles sont vos collaborations actuelles avec l’EPFL?

Le LHC a plusieurs projets concrets en collaboration avec l’EPFL et les startups liées à l’école, notamment dans le domaine sportif (solutions de tracking des joueurs et du puck, entrainement physique et récupération par exemple).

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Interview réalisée en 2021
2020 Nov. Lausanne HC. “Comment le LHC s’adapte à sa nouvelle dimension”

Mathieu Falbriard
Mathieu Falbriard (PhD EL’20, SC’15) Fondateur d’une startup Sports Tech

Quelles sont vos activités actuelles ?

Je travaille actuellement sur un projet de startup visant à améliorer la prise en charge des impacts crâniens dans le sport. Notre objectif est d’intégrer des technologies d’analyse du mouvement, développées à l’EPFL, dans des casques connectés et ainsi prévenir des conséquences associées avec la répétition d’impacts à la tête.

Quel est votre parcours ?

J’ai débuté mon parcours de façon un peu atypique avec un CFC en informatique à la Division technique de Porrentruy, puis des études Bachelor et Master en systèmes de communication à l’EPFL, en passant par l’université d’État de l’Iowa (États-Unis). J’ai réalisé mon projet diplôme avec une startup issue de l’EPFL (GaitUp) qui s’est poursuivi par un doctorat au Laboratoire de Mesure et d’Analyse du Mouvement (LMAM), supervisé par Prof. Kamiar Aminian, et terminé en Mai 2020. Durant mon PhD, j’ai eu la chance de participer à divers projets interdisciplinaires, notamment au développement d’une prothèse de pied pour le CICR.

Comment l’EPFL vous a-t-elle préparé à votre carrière ?

Les connaissances et l’expérience acquise durant mon cursus EPFL sur des technologies de pointe, notamment en informatique, systèmes de communication, et traitement de signaux, me permettent aujourd’hui d’entreprendre un projet de startup regroupant tous ces domaines ; utiliser des capteurs interconnectés, avec une communication sans-fil, interprétant les données mesurées grâce à des algorithmes de pointe afin de les rendre accessible au grand public, le tout en sauvegardant les données sensibles sur des serveurs sécurisés. De plus, l’EPFL permet de garder un équilibre entre études et activités annexes ; une nécessité et réelle richesse selon moi. Ainsi, à travers différents engagements, j’ai pu acquérir des connaissances en gestion d’une structure associative qui me servent aujourd’hui dans mon projet entrepreneurial.

Pourquoi lancer une startup dans le domaine du sport?

Le sport nous concerne toutes et tous, peut-importe le niveau de pratique. Il constitue un enjeu de santé publique important, à la fois par les bienfaits sur notre santé physique et mentale, mais aussi par les traumatismes qui peuvent en résulter. Ayant pratiqué des sports de contacts pendant plusieurs années, j’ai été confronté à la problématique des commotions et à leurs conséquences sur le quotidien de jeunes athlètes. Les conséquences associées aux traumatismes crâniens sont malheureusement encore peu comprises et le manque d’instrumentation permettant un suivi des impacts à la tête constitue un obstacle important à l’amélioration des connaissances scientifiques. C’est pourquoi j’ai décidé de lancer une startup utilisant les technologies et algorithmes développés lors de mon doctorat et ainsi proposer une solution à la gestion des commotions dans le sport. Enfin, les applications sportives, par leur accessibilité, constituent souvent une première phase de perfectionnement pour des méthodes qui peuvent ensuite être adaptées à d’autres domaines d’utilisation.

Quelles sont vos collaborations actuelles avec l’EPFL ?

Notre projet a obtenu une bourse de l’EPFL afin que nous puissions poursuivre le développement du système de mesure et évaluer les différentes opportunités pour notre technologie. Grâce à ce soutien, nous avons non seulement accès aux infrastructures et savoir-faire du laboratoire hôte (LMAM), mais aussi à tout un écosystème de connaissances mis à disposition des startups par l’EPFL. De plus, les efforts de promotion de l’innovation dans le domaine du sport et le réseau de partenaires développé ces dernières années par l’EPFL, facilitent le rayonnement de notre projet et la mise en place de collaborations.

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Interview réalisée en 2021

MARANELLO
Mattia Binotto (GM’94) Managing Director Gestione Sportiva et Team Principal Scuderia Ferrari Mission Winnow

Quelles sont vos activités actuelles ?

Depuis janvier 2019, je suis Team Principal et Managing Director de la Scuderia Ferrari. J’ai déménagé en Italie après avoir obtenu mon diplôme à l’EPFL et je suis basé à proximité de Reggio Emilia depuis lors.

Quelle est votre parcours ?

J’ai obtenu mon Bachelor en ingénierie mécanique à l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne en 1994, je vivais en Suisse à cette période. J’ai fait un master en ingénierie automobile pendant neuf mois à l’université de Modène et de Reggio Emilia. Grâce à ce master, j’ai eu l’opportunité de rejoindre Ferrari en 1995, ce qui était un rêve devenu réalité. J’ai été immédiatement affecté au département Formule 1, en tant qu’ingénieur des moteurs d’essai au sein de l’équipe d’essai. Je me souviens que Jean Alesi et Gerhard Berger pilotaient pour la Scuderia à l’époque. J’ai travaillé chez Ferrari depuis lors, remplissant par la suite le rôle d’ingénieur moteur au sein de l’équipe de course avec Eddie Irvine d’abord, puis Michael Schumacher jusqu’en 2004, date à laquelle j’ai assumé la responsabilité de tous les moteurs de course et ensuite, en 2007, le rôle d’ingénieur moteur en chef, course et montage. Puis, en 2009, j’ai été nommé chef des opérations moteur et KERS, avant de devenir directeur adjoint, moteur et électronique en octobre 2013, puis chef des opérations, unité de puissance. Le 27 juillet 2016, j’ai été promu Chief Technical Officer de la Scuderia Ferrari et enfin, depuis le 7 janvier 2019, je suis Managing Director Gestione Sportiva et Team Principal Scuderia Ferrari Mission Winnow.

Comment l’EPFL vous a-t-elle préparé à votre carrière ?

Je garde un très bon souvenir de mon passage à l’EPFL et quand je repense à cette époque, c’est toujours avec beaucoup de plaisir. L’École m’a permis d’acquérir de solides connaissances techniques, également acquises et améliorées par une formation pratique précieuse dans plusieurs laboratoires axés sur plusieurs disciplines, ce qui a permis une intégration très rapide et sans heurts dans mon premier emploi et, sans aucun doute, un bénéfice tout au long de ma carrière. Je suis né et j’ai grandi en Suisse, j’ai fréquenté des écoles suisses, ce qui, je crois, m’a appris une approche assez structurée, en termes de planification du temps et de planification tout court. Enfin, en dehors de tout cela, je dois dire que l’EPFL a été l’endroit où je me suis aussi fait beaucoup de bons amis, dont certains avec lesquels je suis encore en contact après plus de 20 ans !

Quel est l’avenir de la Formule 1 ?

La Formule 1 est un sport incroyable qui compte des millions de fans passionnés dans le monde entier. C’est le summum du sport automobile grâce à sa technologie de pointe et il y a très peu de sports qui peuvent vous procurer autant d’excitation. Au cours des dernières années, l’actuel détenteur des droits de la Formule 1, Liberty Media, a mis en place un plan de développement durable ambitieux visant à obtenir une empreinte carbone « net-zero » d’ici à 2030. L’objectif précis du sport est de devenir neutre en carbone à cette date. Liberty a également réfléchi aux moyens de rendre le sport plus équitable et plus compétitif. L’été dernier, les dix écuries ont signé le renouvellement de ce que l’on appelle “Concorde Agreement”, ce qui est un très bon signe, montrant que nous sommes tous prêts à envisager positivement l’avenir de la F1. Je pense que le travail de base a été fait et qu’il s’agit maintenant de rendre la F1 encore plus spectaculaire, plus forte, et cela nécessite que nous travaillions tous ensemble. Un plafond budgétaire sur les dépenses liées aux performances des châssis a été mis en place pour cette année et les suivantes, afin de rendre notre sport plus abordable; l’objectif est de limiter les dépenses dans l’espoir de réduire l’écart entre les meilleures équipes et les autres. Les voitures sont aussi en train de subir un changement technique majeur pour 2022, ce qui signifie qu’elles seront plus simples et qu’elles pourront potentiellement courir plus facilement les unes contre les autres. La combinaison de ces deux éléments, le plafonnement du budget et le changement technique, donnera lieu à plus de batailles, plus d’équipes gagnantes et apportera plus d’excitation. Je vois un avenir sain et viable pour la Formule 1 et je pense que l’ensemble du sport est maintenant bien préparé pour atteindre ses objectifs à long terme.

Quelles sont vos collaborations actuelles avec l’EPFL ?

Malheureusement, aujourd’hui, nous n’avons rien mis en place, même si nous avons été en contact à quelques reprises par le passé. Je dois dire cependant que nous accordons toujours une attention particulière aux activités de l’EPFL et j’espère qu’à l’avenir nous trouverons une place pour une forme de coopération.

Interview réalisée en 2021

Davy
Davy Moyon, Senior Performance Engineer chez Luna Rossa Challenge

Quel était votre rôle lors de la dernière Coupe de l’America?

J’avais un rôle assez transverse au sein de l’équipe Luna Rossa. J’ai participé à la fois au développement du simulateur tout en étant impliqué au groupe Mécatronique qui s’occupe de tout ce qui est électrique, hydraulique et automatisation des systèmes de bord. Au sein de ce groupe je m’occupais plus particulièrement de la logique du contrôle, de la mise en service ainsi que de l’optimisation.

Quel est votre parcours ?

J’ai fait mes études à l’école Polytechnique ainsi que l’école des Ponts à Paris. Cette formation en mécanique et matériaux me destinait plus au secteur de l’énergie et des transports plutôt qu’à des voiliers high-techs en composite ultraléger. Mais j’ai saisi une opportunité et j’ai rejoint l’EPFL pour réaliser mon projet de master sur l’optimisation des foils de l’Hydroptère. A la suite de cela j’ai intégré le design team de l’Hydroptère qui se constituait à l’Innovation Park. En 2012 j’ai été contacté pour intégrer le design team de Luna Rossa afin de les aider dans l’optimisation des foils de leur AC72. Lors de la coupe suivante j’étais en charge du développement d’un simulateur chez Luna Rossa avant de rejoindre Emirates Team New Zealand en cour de campagne.

Qu’est-ce qui vous a attiré pour venir faire une partie de votre formation à l’EPFL ?

Un ami qui faisait sa dernière année de master à l’EPFL m’a parlé de l’école et du partenariat qui se mettait en place avec l’Hydroptère. Etant moi-même grand amateur de voile, j’ai vu l’opportunité de coupler mes études et ma passion. C’était très tentant, en plus de la haute réputation de l’EPFL, avoir la possibilité de travailler sur un projet concret en lien avec les laboratoires de recherche était très motivant. J’ai donc pris contact avec le professeur Deville qui gérait un des laboratoires impliqués dans le projet Hydroptère et nous avons pu définir un projet de master auquel je pouvais m’intégrer.

Quels ont été les points forts de votre passage à l’EPFL?

Au sein de l’EPFL, j’ai découvert un enseignement pragmatique avec de nombreux projets et partenariats avec des entreprises. Grâce à ces collaborations et avec les autres étudiants du laboratoire, j’ai pu passer de connaissances plutôt théoriques en mécaniques des fluides à la réponse à des problématiques très concrètes: est-ce que le foil A est meilleur que le foil B. Faire ce lien entre formation théorique et application pratique était très enrichissant.

J’ai aussi été impressionné par les installations à disposition des étudiants pour les projets. La perméabilité entre les cours et les laboratoires de recherche nous permettant d’avoir accès aux professeurs et aux doctorants en dehors des salles de classe et offrant la possibilité d’utiliser du matériel de recherche déjà pendant nos études est un véritable atout pédagogique.

Quel est votre meilleur souvenir professionnel dans le sport?

Il est difficile de départager deux souvenirs: le record de vitesse avec l’Hydroptère en 2009 et la victoire sur la coupe de l’America en 2017. Le premier car il s’agit du premier grand succès de ce projet après de nombreuses années. Le second car il s’agit de l’épreuve reine dans le domaine du design de voilier de compétition.

Comment voyez-vous la suite de votre carrière professionnelle ?

Très probablement encore sur une campagne pour la prochaine coupe de l’America. Et j’espère aussi participer au ruissellement du savoir-faire développé sur la Coupe de l’America vers le domaine maritime, que ce soit dans le design des foils ou les systèmes embarqués, et pourquoi pas faire un transfert vers une nouvelle génération d’étudiants et créer de nouvelles vocations.

Mayeul van den Broek
Mayeul van den Broek, Co-fondateur de SP80

Quelle est votre fonction actuelle ?

En octobre 2019, j’ai cofondé l’entreprise SP80 dont le premier objectif est de battre le record du monde de vitesse à la voile avec un bateau innovant propulsé par une aile de kite. Nous sommes une équipe d’une quarantaine de personnes avec des statuts divers : bénévoles passionnés, employés de l’entreprise ou étudiants de l’EPFL. Mon rôle au sein de l’équipe est de gérer le développement du projet, notre stratégie, notre communication ainsi que la recherche de sponsors pour atteindre nos objectifs.

Qu’est-ce qui vous a attiré à venir faire vos études à l’EPFL ?

Ayant passé mon enfance en Bretagne, une région de France très orientée vers la mer, je suis passionné de voile et de sports nautiques. En 2013, ce sont ces passions qui m’ont amené à intégrer l’EPFL en génie mécanique. En effet, dans les années précédent mon entrée à l’EPFL, j’avais rêvé devant le record du monde de vitesse à la voile de l’Hydroptère, la victoire d’Alinghi sur l’America’s Cup ou encore le projet Vendée Globe de Bernard Stamm. Tous ces projets avaient un dénominateur commun, le développement technique en collaboration avec l’EPFL. C’est ainsi que j’ai découvert l’école et que je me suis fixé l’objectif d’y rentrer pour pouvoir travailler ensuite sur des projets importants dans le monde de la voile. 

Quel est votre parcours ?

Pendant mes études à l’EPFL, j’ai eu l’occasion de participer à des projets variés. J’ai passé 6 mois au Bangladesh pour développer des matériaux composites à base de fibres de jute, effectué ma thèse de Master au Japon sur le développement de centrale solaire flottante et j’ai aussi participé à l’Hydrocontest : une compétition étudiante où notre objectif était de construire un bateau radiocommandé de 3m de long le plus rapide et efficace énergétiquement possible.

J’ai obtenu mon Master en mécanique en 2018. Puis, en parallèle d’un stage pour développer des solutions composites chez Bobst SA, j’ai consacré mon année 2019 à plusieurs traversées océaniques sur l’Atlantique et le Pacifique mais également et surtout au lancement avec 2 autres ingénieurs EPFL de mon projet de record de vitesse à la voile, SP80. Fin 2019, nous avons ainsi pu nouer un partenariat académique avec l’EPFL, puis avec un premier sponsor P&TS, ce qui nous a permis de mettre en place le projet de manière professionnel et de financer une campagne de tests avec un prototype à échelle 1/2. Entre 2020 et mi 2021, j’ai ensuite partagé mon temps entre un travail de collaborateur scientifique au sein du LPAC (laboratory for Processing of Advanced Composite) à l’EPFL et la gestion et le développement de SP80. Finalement, depuis janvier 2021, avec l’arrivée de la marque horlogère Richard Mille comme sponsor titre dans l’aventure SP80, je peux dédier l’intégralité de mon temps à SP80 et à notre projet de record du monde de vitesse à la voile. 

Comment l’EPFL vous a-t-elle préparée à votre carrière ?

En plus des bases techniques importantes, je pense que la compétence principale que m’a donnée ma formation à l’EPFL est « d’apprendre à apprendre ». Dans mon travail actuel, je ne fais finalement pas beaucoup d’activité en lien avec ma formation d’ingénieur mécanicien et je fais beaucoup de choses que je n’ai pas appris durant mes études. Il faut sans cesse découvrir, rechercher, innover et faire au mieux. Je pense que ma formation à l’EPFL m’a vraiment aidé à développer cette capacité de chercher par moi-même des solutions, à me poser les bonnes questions, à aller chercher les informations et à les assembler correctement pour résoudre des situations inconnues. C’est pour moi vraiment indispensable pour évoluer dans le monde professionnel et notamment pour monter un projet comme SP80.

Quel est votre projet actuel et comment les apprentissages et les expériences que vous avez eues à l’EPFL vous ont préparés ?

Avec l’équipe de SP80, notre objectif actuel est de concevoir et de construire un bateau propulsé par une aile de kite et capable de pulvériser le record du monde de vitesse à la voile. Nous voulons atteindre 150km/h à la seule force du vent. Cela n’a jamais était fait, il faut innover, tout est à découvrir et c’est ce challenge qui anime l’équipe et nous fait avancer. 

Un élément déclencheur lors de mes études à l’EPFL qui m’a poussé avec Xavier Lepercq et Benoit Gaudiot à nous lancer dans l’aventure SP80 est sans aucun doute l’Hydrocontest. Pour cette compétition étudiante, nous avions conçu en partant d’une feuille blanche, un petit bateau à foil radiocommandé de 3m de long. Nous avions tout à faire, des premières esquisses à la mise au point sur l’eau. C’était vraiment formateur ! En plus de cela, lors de ce projet, notre superviseur, Robin Amacher était un ancien de l’équipe d’ingénieur de l’Hydroptère, ce bateau de record qui m’avait fait rêver et qui m’avait poussé à venir étudier à l’EPFL. Voir ce rêve si proche et travailler sur un projet concret comme l’Hydrocontest m’a vraiment donné la motivation, la passion et certaines compétences pour lancer notre propre projet de record : SP80.

Que souhaiteriez-vous transmettre aux étudiants de l’EPFL ?

Aujourd’hui, avec le partenariat entre l’EPFL et SP80, plus de la moitié de notre équipe est constituée d’étudiants de l’EPFL. C’est génial et nous sommes en permanence dans la transmission ! 

Notre objectif avec les autres ingénieurs de l’équipe est vraiment de transmettre aux étudiants, les bonnes pratiques et compétences que nous avons appris par nous même dans le monde du travail ou de l’entreprenariat après nos études à l’EPFL. C’est bien sûr à notre échelle mais je pense que si nous arrivons à transmettre ces compétences et notre passion pour notre métier, nous pourrons aider les étudiants à se préparer au mieux pour gérer des projets en entreprise, entreprendre ou innover.

Antoine Sigg
Antoine Sigg, Responsable de la fibre optique chez New York Yacht Club American Magic

Quelle est votre fonction actuelle ?

Je rentre juste de Nouvelle-Zélande, dernière étape de la campagne menée au sein de l’équipe américaine concourant pour la coupe de l’America où j’opérais en tant que responsable du système de fibres optiques. J’ai géré et fait pour eux toutes les mesures d’effort en navigation sur les pièces sensibles du bateau (des centaines de capteurs à fibre optique sont  installés pour surveiller les éléments clés et les parties sensibles). Cela comportait entre autres de designer les solutions avec les apports de mes collègues ingénieurs, l’installation sur les différents composants avant de les tester mécaniquement et suivre leurs comportements en navigation. Un rôle mêlant du travail de designer et ingénieur, avec des taches bien plus pratiques, hands-on.

Quel est votre parcours ?

J’ai été mordu assez tôt par le virus de la voile. Lorsqu’il a fallu choisir une voie pour mes études, j’ai cherché quelle serait la filière qui me rapprocherait le plus des technologies appliquées au monde de la voile de compétition, et le génie des matériaux m’a paru être idéale pour cela.
A travers mes années d’études, j’ai pu appliquer plus vite que je pensais mes travaux au monde de la voile de compétition car de nombreux projets ont été proposés aux étudiants dans le cadre du partenariat scientifique EPFL-Alinghi. Très motivant et intéressant pour le jeune passionné que j’étais !
Suite aux projets de recherche faits au Laboratoire de Technologie des Composites (ex-LTC, LPAC actuel), il m’a été demandé d’aider à instrumenter des pièces du catamaran géant Alinghi 5 avec de la fibre optique et participer à leurs tests.

Les doigts sont restés coincés dans la machine, j’ai depuis pris part à trois campagnes de l’America’s Cup, toujours en tant que spécialiste du système fibre optique, tout d’abord sous la houlette de Daniele Costantini (Alinghi) pour mes débuts, puis en gérant l’intégralité du projet avec le rôle de Fiber Optic Manager (Artemis Racing et American Magic).

Comment l’EPFL vous a-t-elle préparé à votre carrière ?

La filière en science des matériaux est connue pour former de bons généralistes de l’ingénierie, elle m’a fourni une palette de connaissances large pour comprendre les divers challenges de ce sport très mécanique et technique que nous rencontrons dans le monde de la coupe de l’America. Il a fallu bien sûr se spécialiser et apprendre un bon nombre d’autres connaissances en cours de route, comme dans beaucoup d’autres domaines. Mais justement, nous sommes préparés à cela en sortant de l’EPFL !

Qu’est-ce qui vous a permis de rejoindre une équipe de la Coupe de l’America ?

Outre le cadre idéal créé par l’EPFL et ses partenariats avec le monde du sport, il faut une certaine obstination pour provoquer la chance. Oser aller toquer aux portes s’investir et montrer sa motivation lorsque la chance se présente!
La bonne combinaison des connaissances acquises à l’EPFL m’a permis de remplir pleinement mes missions, mais c’est aussi les capacités personnelles, l’éthique et la qualité du travail fourni qui créent les répétions de possibilités. La voie suisse est aussi appréciée dans les projets internationaux !

Quel est votre meilleur souvenir professionnel dans le sport?

Difficile question ! Mes meilleurs souvenirs sont certainement les moments magiques où un nouveau bateau sort enfin du hangar, fruit de mois acharnés de travail pour près de 100 personnes. Cela se passe souvent aux premières lueurs, toute l’équipe le suit des yeux, c’est quelque chose de très fort.

Comment voyez-vous la suite de votre carrière professionnelle ?

Après 10 années très intenses à travailler dans ce domaine, certes collaborant avec de nombreuses personnes mais menant seul mes opérations, j’ai à cœur d’élargir les domaines où je pourrais appliquer ces développements. Cette technologie de mesure se démocratise de plus en plus, dans les sports mécaniques et dans de nombreux projets industriels.
Cela devra passer par la création d’une structure, et peut-être par une transmission de mon expérience à de jeunes ingénieurs motivés. Cela serait une belle façon de continuer le développement cette technologie dont les applications ont entre autre été développées au sein de l’EPFL !
Les sirènes de la coupe de l’America risquent bien de recommencer à chanter bientôt également. Avec à la clé des perspectives excitantes. Mais pour cela, il va falloir être patient !

Cardis
Christine Cardis, Responsable de la lutte contre le dopage à l’Union internationale de patinage

Quelles sont vos activités actuelles ?

Je suis responsable du département antidopage de l’ISU (International Skating Union), l’organisation faitière de patinage sur glace. Le rôle de mon équipe est de gérer la problématique de la lutte antidopage sur le plan mondial. Pour ce faire, nous travaillons en étroite collaboration avec la commission médicale de l’ISU et des experts externes. Nous mettons en place les procédures de test international d’une centaine d’athlètes de pointe en dehors des compétitions et nous organisons les contrôles sur une cinquantaine d’événements de la fédération. Nous faisons également le lien avec l’agence mondiale antidopage pour suivre les dernières évolutions et assurer la conformité du programme Anti-Dopage de l’ISU avec le Code mondial Anti-Dopage et les Standards Internationaux. Nous déployons également des programmes de prévention, afin de sensibiliser les athlètes à la problématique du dopage. Notre rôle n’est pas seulement de tester, mais aussi d’éduquer. 

Quel est votre parcours ?

J’ai commencé l’EPFL en architecture, puis je me suis réorientée pour finalement diplômer en chimie en 1988. J’ai ensuite voyagé plus d’une année avant de me lancer dans mes activités professionnelles au laboratoire antidopage de Lausanne qui ouvrait ses portes à cette époque. J’y ai travaillé jusqu’en 2004, avec une pause de 6 mois durant laquelle j’ai intégré, en tant qu’experte internationale, le laboratoire antidopage des Jeux Olympiques et Paralympiques de Sydney 2000. En cours d’emploi, j’ai fait un master en management de la qualité et fondé une famille. En dehors du monde de l’Anti-Dopage, j’ai travaillé 2 ans chez Firmenich à Genève dans le département qualité et enseigné math et sciences au secondaire dans diverses écoles vaudoises. Depuis 10 ans, je travaille à l’ISU, où j’ai débuté en tant que seule administratrice antidopage, cette thématique prenant de plus en plus d’importance, le groupe s’est agrandit et j’en suis actuellement la manager. Je collabore aussi avec l’AISTS (Académie internationale des sciences et techniques du sport) et de l’ISSUL (Institut des sciences du sport de l’Université de Lausanne) qui forment les professionnel et managers du sport de demain.

Quels ont été les points forts de votre passage à l’EPFL ?

L’EPFL est une école qui ouvre beaucoup de possibilités. C’est un environnement extrêmement stimulant qui offre de grandes opportunités d’apprentissage. Il y a également toute une palette d’activités extracurriculaires qui permettent de développer d’autres compétences. Naviguant beaucoup à l’époque, j’ai pu m’intégrer à l’équipe de régate de l’école et participer à la vie associative de l’EPFL en tant que notamment membre de l’organisation du Triathlon du Léman pour étudiants. Ces activités ont participé au développement de mes compétences organisationnelles et m’ont permis de tisser des liens et des réseaux très forts qui sont encore actifs après toutes ces années.

Comment l’EPFL vous a-t-elle préparée à votre carrière ?

C’est grâce à ma formation de chimiste et mes activités associatives que j’ai décroché mon premier poste. Mes connaissances métier, les bases théoriques, analytiques et pratiques acquises durant mes études m’ont permis de participer à la mise en place des méthodes et des procédures du laboratoire. J’ai ensuite évolué vers des responsabilités de gestion et de management pour lesquelles les apprentissages faits au travers de mes activités associatives ont été très utiles. La richesse de la formation EPFL permet d’acquérir les connaissances nécessaires à l’élaboration d’approches structurées et analytiques tout en ayant une bonne compréhension du terrain grâce aux acquis des travaux pratiques et des projets appliqués.

Quels sont les liens entre les activités d’une fédération sportive et les développements technologiques ?

En tant que fédération internationale, nous collaborons à des projets de recherche et mettons en œuvre les résultats de la recherche conduite par des organismes multiples et variés. Ma formation d’ingénieure m’est très utile dans ces échanges car elle me permet de dialoguer d’égal à égal et de favoriser la mise en pratique sur le terrain de nouvelles procédures, ainsi que de créer des ponts entre les différents acteurs de la lutte contre le dopage.

Comment imaginez-vous que ces interactions évoluent et comment pourrait-on favoriser un rapprochement de ces deux mondes d’après-vous?

Il y a de nombreux sujets sur lesquels nous devons travailler en tant que fédération qui bénéficieraient d’un rapprochement avec l’EPFL, et le milieu académique d’une manière plus générale. Au-delà de mon département, il y a par exemple des questions sur les équipements pour la protection des athlètes de short track en cas de chute. Des travaux sont en cours pour le développement des casques et des protections le long de la piste. Il y aurait également tout un champ d’activité relatif à l’utilisation des nouvelles technologies pour la promotion de ce sport grâce à l’enrichissement des vidéos avec des données de performance ou la réalisation de contenus spécifiques correspondants aux attentes des utilisateurs de réseaux sociaux.