Discours et écrits

Chères étudiantes, chers étudiants, chères et chers collègues,

Je me réjouis de vous retrouver sur le campus. Cette rentrée académique m’est chère à plus d’un titre. A vous, les quelque 11’000 étudiants – dont 2071 nouveaux étudiants en Bachelor (première année), parmi lesquels 32% d’étudiantes et 406 en Master – qui découvrez ou rejoignez le campus. A vous, chers collaborateurs, professeurs et chercheurs, pour qui le travail ne s’est pas arrêté durant cet été caniculaire. A toutes et à tous, je vous souhaite une chaleureuse bienvenue !

Alors que j’ai encore en tête les instants passés en juillet en Californie avec l’équipe d’EPFLoop et cette magnifique troisième place lors de l’Hyperloop Pod Competition, j’aimerais me tourner résolument vers le futur. Je saisis donc l’occasion de vous présenter les axes forts de l’EPFL pour l’année à venir.

La première priorité de la Direction est le développement de talents, qu’ils soient étudiants sur le campus ou en favorisant les approches innovantes. Le nombre de cours en première année a été réduit pour laisser nos étudiants se concentrer sur les fondamentaux. La grande nouveauté est l’introduction de la pensée computationnelle comme « troisième pilier » du cycle propédeutique.

Au-delà du campus, l’EPFL a toujours été innovante en matière d’éducation, comme en témoigne le lancement des MOOCS en 2012 ou de l’Extension School en 2017. Pour renforcer cet esprit, nous créons un centre pour l’innovation en éducation : LEARN. Vous allez prochainement entendre parler de plusieurs initiatives qui y sont rattachées.

Naturellement, renforcer l’Ecole dans les domaines scientifiques émergents et à fort impact pour la société est également notre priorité. Pour la première fois depuis 20 ans, nous avons convaincu le Conseil des EPF de nous octroyer une hausse budgétaire proportionnellement supérieure qui sera investie dans la recherche et l’enseignement. Six nouveaux postes seront ouverts dans les domaines répondant aux enjeux de la numérisation dans notre société, la recherche interdisciplinaire entre l’ingénierie et la neuroscience, ainsi que dans les sciences de la vie computationnelles. De surcroît, 28 postes de professeur sont actuellement en phase de recrutement.

La troisième priorité est de favoriser l’émergence d’initiatives au sein des facultés dans deux domaines : l’éducation par projet et l’open science. Après le Solar Decathlon ou Hyperloop, nous souhaitons favoriser l’émergence d’autres aventures fascinantes de ce genre. « MAKE », un fonds d’innovation et une équipe de soutien aux projets interdisciplinaires, soit un investissement de 650’000 francs par an, est là pour y répondre. De même qu’est consacré, côté recherche, un fonds dédié à l’encouragement d’activités open science, doté d’un million de francs par an pendant trois ans.

Cette année académique nous conduit dans l’année du 50e anniversaire de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). A l’aube de celle-ci, notre identité visuelle changera avec un nouveau logo pour graver dans les esprits les quatre lettres qui font notre identité. Vous serez d’ailleurs appelé à voter pour dire quel logo a votre préférence. Et dès janvier, une année de festivités célébrera la science, la recherche, l’éducation et l’innovation.

Je souhaite qu’ensemble nous fassions de l’EPFL une des meilleures institutions de recherche et d’éducation du monde et une école innovante et entrepreneuriale. Le dynamisme dont vous faites preuve dans la réalisation de nos missions fondamentales permet d’être une force de proposition et de réalisation pour le monde académique suisse et international. Je vous en remercie.

Martin Vetterli

Président de l’EPFL

Vous êtes plus de 10’000 étudiantes et étudiants à regagner le campus qui va tourner à plein régime dès aujourd’hui. Nous accueillons 1955 nouveaux étudiants en Bachelor (première année) et 328 en Master (les chiffres définitifs seront arrêtés au 1er novembre), soit une hausse respective de 6% et de 13% par rapport à 2016. À toutes et à tous, je vous souhaite une chaleureuse bienvenue!

Concernant le nombre d’étudiantes (près de 29% de la population estudiantine), nous sommes encore loin de la parité, mais nous poursuivons les mesures d’encouragement et de soutien des jeunes femmes qui pourraient se destiner à une carrière scientifique et technique.

Cette rentrée est celle de la première édition du Master en Data Science, dans les deux EPF. À l’EPFL, cette formation, donnée par la Faculté Informatique et Communications (IC), en collaboration avec l’Institut de mathématiques (SB) et la Faculté Sciences et Techniques de l’Ingénieur (STI), s’inscrit dans la révolution de la science des données, et donnera les moyens à ses participants d’en être les acteurs. Ce Master offre une formation complète, traitant des fondations à la mise en œuvre, des algorithmes à l’architecture de base de données, de la théorie de l’information au machine learning.

La première édition du Master en Digital Humanities débute également en septembre. La division du travail entre ingénieurs – qui produisent les algorithmes – et experts des sciences sociales – qui interprètent les données – n’est plus d’actualité. L’industrie du contenu, à travers les médias, l’entertainment, la culture mais aussi toute la vie publique mobilisent les techniques du Big Data et du Machine Learning. Ce nouveau Master offre une formation de pointe dans les Data Sciences et les Humanités pour les professionnels dans ces nouveaux systèmes d’information à riche contenu.

C’est également la première année où des étudiantes et des étudiants en 3e année Bachelor en Sciences de la Vie de l’EPFL pourront suivre un module de cours leur permettant de rejoindre la dernière année du Bachelor en médecine de l’UNIL, en vue d’intégrer le Master en médecine. Cette passerelle contribuera à la formation de futurs médecins disposant d’excellentes compétences techniques.

Autre nouveauté à mentionner: l’accord signé cet été entre l’École polytechnique de Paris (l’X) et notre École, permettant aux étudiantes et étudiants qui le désirent d’obtenir simultanément le diplôme des deux institutions.

Nous intégrerons un nouvel enseignement très important dans le cursus de formation dès 2018: le computational thinking. Dans ce contexte, j’encourage vivement nos étudiantes et étudiants à participer à la seconde édition du concours de visualisation scientifique ACCES. C’est une occasion de s’initier à une matière aussi incontournable que les mathématiques ou la physique pour l’ingénieur de demain.

Sur le front de la recherche, nous avons lancé la semaine dernière la version bêta de RENGA (連歌, poésie japonaise collaborative), la plateforme développée par le Swiss Data Science Center, disponible en open source. Cette plateforme encouragera les coopérations multidisciplinaires dans le domaine de la science des données, tout en incitant à la transparence, réutilisabilité et reproductibilité de la science. Fruit d’une collaboration entre les deux Écoles polytechniques fédérales de Lausanne et de Zürich, le Swiss Data Science Center a pour objectif de donner au pays l’infrastructure qui lui manquait dans le domaine de la science des données. Les masses d’informations collectées pourront ainsi être traitées, et ce afin d’en extraire des données exploitables par les spécialistes des différents domaines concernés, tels que la santé personnalisée, les sciences de l’environnement ou la maintenance prédictive, pour n’en citer que quelques-uns.

Nous avons également signé le 31 août dernier des accords pour la deuxième phase d’EPFL Valais Wallis qui verra la création d’un nouveau bâtiment pour héberger le Centre de Recherche sur les environnements alpins et extrêmes. Le pôle de réhabilitation et santé ainsi que celui de la chimie verte et de l’énergie du futur seront également renforcés.

Quant à la première édition des EPFL Drone Days, qui s’est déroulée il y a une quinzaine de jours, elle a reflété le rôle que l’École peut jouer dans un domaine porteur qui impactera probablement de nombreux secteurs de l’industrie. Chercheurs, pilotes-compétiteurs de drones et start-ups se sont pris au jeu et ont interagi sur notre campus, pour le bonheur du public et de nombreux collègues qui ont participé à cet événement. Un bel exemple de transfert de technologie qui se déroule sous nos yeux, ici en Suisse romande!

Enfin, signalons une nouvelle initiative de l’EPFL pour soutenir la créativité de ses étudiantes et de ses étudiants Bachelor et Master: les x-Grants. De l’ordre de CHF 10’000, ce soutien financier leur permet de développer leurs projets entrepreneuriaux – et pourquoi pas un jour lancer leur propre start-up. Et afin d’étendre leurs réseaux, les candidats sélectionnés auront également la possibilité de passer un à deux mois dans la célèbre Silicon Valley, dans les locaux de Swissnex San Francisco à Pier 17.

Je vous souhaite une excellente année académique 2017-2018. Du goût pour vos études, votre recherche ou votre travail, mais aussi et bien sûr beaucoup de plaisir et de passion. Merci à toutes et tous pour votre participation active à la communauté EPFL.

Martin Vetterli

Président de l’EPFL

Voilà un peu plus d’une centaine de jours que la nouvelle Direction est officiellement en fonction. Je tenais à partager avec vous quelques réflexions de ce début de mandat, à commencer par celle-ci qui me tient particulièrement à cœur: je continue à penser que j’ai le plus beau job qui soit en Europe! La nouvelle équipe de vice-présidents travaille bien ensemble, efficacement, dans un esprit commun. Et je retrouve ce même esprit dans nos relations avec les doyens. L’un d’entre eux d’ailleurs, Jan S. Hestaven, a également réalisé ses 100 premiers jours à la tête faculté des Sciences de Base, tandis que Ali H. Sayed nous rejoindra le 1er juillet prochain en tant que doyen de la faculté des Sciences et Techniques de l’Ingénieur (STI).

Depuis l’entrée en fonction de la nouvelle Direction le Swiss Data Science Center a démarré ses activités. Ce projet marque une étape fondamentale pour le développement de l’Open Science – un de mes chevaux de bataille à la tête de l’EPFL. Le cours de Mise à Niveau (MAN) a débuté au mois de février. Le 26 avril dernier, la Conférence des directeurs de section a décidé que nous introduirions le cours de computational thinking, Information, calcul, communications, pour tous les étudiants de première année dès la rentrée 2018. Nous tenons à enseigner les bases indispensables de cette discipline aux futurs ingénieurs dès le début du Bachelor, au même titre que les maths ou la physique. Rappelons aussi que l’Antarctic Circumnavigation Expedition (ACE) est arrivée au Cap, où je me suis rendu, et c’est une belle aventure scientifique et humaine que nous avons pu suivre.

Durant ces trois premiers mois, la nouvelle Direction est allée à la rencontre du campus (lors de la grande réunion du 11 janvier dernier), de l’Assemblée d’École, des facultés, des antennes, de l’AGEPoly, des délégués de classe, et encore tout récemment des assistantes administratives, pour ne citer que quelques exemples. Autant d’occasions qui nous ont permis de continuer à nous familiariser avec toute la diversité, les richesses et la complexité de l’École.

J’aime à rappeler qu’une université n’est résolument pas un «business» comme un autre. Nous construisons les piliers du savoir: celui que nous transmettons à nos étudiants; celui que nous créons dans nos laboratoires; celui que nous transformons en innovations. Ce savoir est aussi notre responsabilité vis-à-vis de la société, qui n’a jamais été aussi rapidement et profondément transformée par l’impact des technologies. À travers nos missions, nous participons activement à ces (r)évolutions afin qu’elles soient bénéfiques pour toutes et tous. Et c’est notre rôle de répondre tant aux défis qu’aux besoins que créent ces mutations. Et de prendre des risques pour aller au-devant des enjeux de demain.

C’est dans cette perspective que notre École doit évoluer vers le campus du 21e siècle. Il sera digital et il repoussera les limites traditionnelles des disciplines. Nous créerons de la valeur en nous situant aux interfaces, par exemple entre les sciences de la vie et celles de l’ingénieur, ou encore entre les sciences computationnelles et quasiment toutes les autres disciplines, pour ne citer que ces deux cas. C’est à nous, tous ensemble, d’utiliser nos talents et nos ressources pour relever ces multiples défis et saisir les opportunités qui permettront à l’École de continuer à se développer.

Martin Vetterli

Président