Tricherie et fraude aux examens

Comment attester d’une tricherie (fraude) et quelle suite y donner ?

Définition

La tricherie en session d’examen est considérée comme une fraude, dont la notion est définie à l’article 18 de l’Ordonnance sur le contrôle des études.

Par quels moyens un étudiant peut-il frauder ?

À l’aide de documents et matériel non-autorisés

Selon la réglementation des examens, seuls les documents et le matériel (livres, feuilles, formulaires, notes, instruments électroniques, montres connectées, etc.) explicitement autorisés par l’enseignant avant l’examen (directive interne sur épreuves d’examen à l’EPFL, Article 5) sont admis. Si un étudiant fait usage de documents ou de matériel non autorisés, alors il pourrait être en train de tricher.

Dans le passé (mais encore de nos jours), ces documents et matériel non autorisés étaient constitués de notes ou de calculatrices programmables à mémoire, par exemple. De nos jours, le matériel électronique portable (montres – voire stylos ou lunettes – connectées, smartphones, etc.) permet de stocker de grandes quantités de données. Cela inclut les montres connectées usuelles (montres Apple®, AndroidWear®, etc.) qui peuvent disposer d’applications spécifiques de prise de note, d’enregistrement de son, etc. Cela inclut tout particulièrement les équipements spécifiquement conçus pour tricher lors des examens, telles les montres disposant de fonctionalités permettant de basculer rapidement d’un écran de visualisation de notes à un affichage plus conventionnel de l’heure – rendant difficile la détection de la tricherie (voir les photos suivantes).

   

D’autres exemples de montres dédiées à la triche en examen sont visibles ici sur Youtube.

Communiquer avec une autre personne

Obtenir une aide externe (d’une personne présente ou non à ce même examen) peut être considéré comme de la triche. Dans le passé (mais encore de nos jours), cela pouvait consister à recopier la copie d’un autre étudiant ou à communiquer de manière orale ou écrite avec un autre étudiant.

Pour ce type de fraude également, les technologies actuelles permettent de rendre ces communications plus aisées et plus difficilement détectables que par le passé. Ce matériel inclut des écouteurs sans fil intra auriculaire (photo ci-dessous, à gauche), des microphones très discrets autonomes ou intégrés à des stylos, des montres (même une montre à l’aspect « mécanique » peut parfaitement posséder un tel microphone – photo ci-dessous). L’utilisation combinée d’un écouteur et d’un microphone permet une communication bi-directionnelle. À l’aide d’un smartphone, cela permet une communication avec n’importe quelle autre personne, sans limite de distance.

  

Comment prévenir la fraude ?

Dans le but de limiter tout comportement inapproprié de la part des étudiants, il convient de leur rappeller le Code d’honneur qu’ils se sont engagés à respecter. Ci-dessous, vous trouverez plus d’informations et de conseils sur ce qui peut être fait pour limiter les risques de fraude.

Préparation

L’enseignant supervise la préparation de l’examen et est responsable de la bonne confidentialité du processus. L’accès au contenu de l’examen doit être protégé de manière adéquate durant la préparation.

Dans l’idéal, l’énoncé de l’examen doit avoir ses pages numérotées (afin de rendre plus aisée la vérification de l’intégralité des énoncés distribués) et une section doit lister les documents et matériel autorisés.

Durant l’examen

  • L’enseignant doit s’assurer de l’adéquation de la surveillance et que les assistants ont été informés de leurs obligations en tant que surveillants de l’épreuve.
  • L’enseignant est responsable de la préparation de la salle d’examen. Il doit s’assurer à l’avance que la salle dispose de suffisament d’espace. La place de chaque étudiant doit être attribuée à l’avance dans le but de limiter la communication entre étudiants. Il faut également prévoir assez de place entre les étudiants pour éviter la fraude. Il est recommandé de placer les étudiants une place sur deux dans chaque rangée et d’aligner les rangées (pas de disposition en quiconce). Il est possible de mélanger des étudiants de différents examens afin d’augmenter la densité, tout en gênant la fraude.
  • Avant l’épreuve, l’enseignant rappelle les documents et matériel autorisés pour l’épreuve. Il est recommandé de prévenir les étudiants que tout ce qui n’a pas été explicitement autorisé peut être considéré comme interdit. Il est également utile de clarifier ce qui est interdit (les notes de cours, les téléphones portables ou tout autre moyen de communication, etc.). Les surveillants peuvent rappeller aux étudiants que le matériel interdit doit être placé hors de leur portée (dans leur sac ; les sacs étant regroupés loin de leur place, par exemple).
  • Il est nécessaire de rappeler aux étudiants qu’il est de leur responsabilité de s’assurer de disposer de l’intégralité de l’examen (toutes les questions, les feuilles de réponse et/ou toutes les ressources nécessaires), de préférence avant le début de l’épreuve.
  • L’identité des étudiants doit être vérifiée à l’aide d’un document valide (carte d’étudiant, par exemple) en accord avec la liste des inscrits à l’examen.
  • Les surveillants doivent avoir un téléphone à disposition si besoin. Pour les examens écrits, l’enseignant doit être présent lors de l’épreuve ; s’il ne peut pas physiquement être présent dans la salle (plusieurs salles à surveiller, etc.), il doit s’assurer de pouvoir être joint aisément.

À la fin de l’examen

L’enseignant, ou les assistants responsables de la surveillance, doivent s’assurer que toutes les pages de chaque examen (énoncé et réponses) ont été rendues avant la sortie des étudiants de la salle d’examen (dans le but d’empêcher les étudiants de prétendre que certaines pages ont été perdues lors de la correction).

Comment procéder en cas de fraude à l’examen ?

En cas de fraude durant l’examen, confisquer immédiatement l’élément compromettant ou probant, soit la feuille de brouillon, le livre annoté, etc. Il est également possible de photographier ces éléments. Ne pas quitter la salle et ne pas autoriser l’étudiant à quitter la salle avec sa copie. En cas de difficulté, appeler la Section ou le Service académique. Une fois les preuves collectées, l’étudiant peut poursuivre son examen si possible.

L’enseignant doit écrire un rapport de fraude et y joindre l’élément compromettant ou probant. Il envoie le tout au chef du Service académique.

La fraude est ensuite traitée :

  • sur le plan académique : note de l’examen NA (non acquis)
  • sur le plan disciplinaire : poursuite disciplinaire et sanction (traité par le service juridique de la VPE).

Chaque situation de fraude doit être traitée selon le Règlement disciplinaire.