ALICE

2015/16 HOUSE 1

 

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L’Atelier de la Conception de l’Espace (ALICE) au sein de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) initie un nouveau et ambitieux projet : Construire une maison. A l’intérieur d’une pédagogie en évolution constante, ALICE veut retrouver, le temps d’une année académique et un été, le goût pour la construction expérimentale, nourri par des réflexions qui nous semblent fondamentales à la compréhension de notre contemporanéité.

A l’image de la maison Sommerfeld, oeuvre d’art totale construite en 1919 par les élèves du premier Bauhaus dirigé par Walter Gropius, la HOUSE 1 lance une réflexion sur les possibilités et responsabilités de notre métier. A l’heure où l’architecture nécessite une réorientation qui la détache des objets d’exception utilisés dans certaines villes du comme sujet de Urban Marketing, il nous semble important de proposer d’autres modes de compréhension de notre pratique.

Deux réflexions principales sous-tendent ce projet : l’existence d’alternatives au marché de la construction existant pour réaliser de l’architecture et un véritable questionnement sur la notion même d’habitat.

La première réflexion est étroitement liée à l’apprentissage du métier d’architecte tout en étant fortement philosophique. Nous apprenons en faisant : Méthodologie inductive. Un groupe de personnes, avec le savoir-faire nécessaire, et les outils adéquats est tout à fait capable de se substituer, dans des circonstances et à des échelles spécifiques, à l’apparat professionnel complexe du marché de la construction, un des marchés le plus importants de l’économie mondiale. Cette première réflexion n’a aucunement une vocation de lutte contre ce marché. Elle veut tout simplement ouvrir des possibles, proposer des chemins complémentaires, diversifier.

Proche des écrits de Richard Sennet – Ce que sait La Main, Albin Michel, 2010 – cette approche permet de penser l’architecture à partir de la construction d’un savoir-faire « artisanal » (au sens de la définition de Sennet). Ceci implique une compréhension profonde de l’évolution des technologies et outils modernes. Il ne s’agit donc pas nécessairement d’une apologie du low-tech ou d’un bricolage spontané. Bien au contraire, être architecte serait, dans ce contexte de réflexion, une manière de planifier et construire avec une intelligence organisationnelle spécifique, avec une vision globale, socio-philosophique de ce que construire signifie.

Le deuxième axe d’investigation, celui de l’habitat, reste une des responsabilités majeures du métier d’architecte. En effet, dans le contexte Européen dans lequel nous évoluons, le logement est une vraie préoccupation sociale. D’un côté certains pays (Espagne, Portugal) vivent l’évidement de leur patrimoine bâti récent à la suite de la spéculation outrancière qui a produit un surplus difficilement récupérable d’habitations inutiles. D’un autre côté le problème des flux d’immigration demande des réponses au logement, à l’ « abritation » des personnes qui diffèrent probablement des méthodes habituelles de construction de logement. Ce que nous avons considéré comme provisoire, éphémère, transitoire doit maintenant faire face à d’autres réalités, de la même manière qu’il serait erroné de comprendre les bidonvilles (slums) uniquement du point de vue de l’habitat précaire en lien avec la pauvreté (1 personne sur 7, à l’heure actuelle habite dans un bidonville, selon les recherches de UN Habitat). Dans ce contexte complexe, penser l’habiter ou l’habiter ensemble nous paraît une nécessité dans notre pratique d’architectes.

HOUSE 1 se propose d’ajouter un grain de sable à cette réflexion globale. Penser et construire un habitat, avec l’engagement complet d’un groupe de personnes ayant des savoir-faire spécifiques, tel est le défi de HOUSE 1. Installer un habitat dans un milieu urbain et interroger notre participation, en tant qu’architectes à la construction de nos villes et nos paysages, en endossant pleinement notre responsabilité professionnelle face à ces questions, c’est l’objectif de HOUSE 1.

ALICE s’interroge, depuis 2014, sur des contextes urbains spécifiques. En 2014, nous avons travaillé à Lausanne, première ville d’accueil de notre travail. En 2015, suivant le textes et pensées fondamentales à notre pratique présentes dans Paris Capital du 19ème siècle – Le Livre des Passages de Walter Bejamin, ALICE se déplace à Paris pour la construction de cet habitat. Paris, ville complexe et représentative dans le contexte européen de la croissance de l’urbain du 20ème siècle, apparaît toujours et encore comme une figure incontournable à l’évolution de la pensée architecturale.

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video © Selen Karakoc