Standard EPFL pour les chapelles de laboratoire

Utiliser les chapelles en toute sécurité
Les chapelles de laboratoire protègent contre les vapeurs, les éclaboussures et les projections générées par les produits chimiques et leurs réactions. Ce confinement n’est toutefois jamais total (voir vidéo).
À l’EPFL, nous appliquons un standard interne plus exigeant que les prescriptions suisses. Surtout, nous vérifions systématiquement que chaque chapelle offre le niveau de protection attendu.
Une chapelle n’élimine pas les dangers chimiques. Elle doit être utilisée correctement afin de minimiser les risques d’exposition (voir les bonnes pratiques de laboratoire).
La vidéo en lien montre comment une chapelle mal utilisée ou incorrectement réglée peut au contraire augmenter le risque en donnant une fausse impression de protection. Comprendre son fonctionnement et respecter les bonnes pratiques est donc essentiel lors de la manipulation de produits chimiques.
Pourquoi l’EPFL applique un standard plus exigeant ?
Nous avons demandé à trois étudiants du DAS Work+Health en hygiène du travail (UZH et UNIL) — Jonathan Buguet, Abdelaziz Moutahar et Claude Jacquet — d’évaluer le niveau de protection réel d’une chapelle de laboratoire moderne, réglée selon les débits correspondant à la réglementation suisse (CFST). (Voir rapport).
En appliquant la méthodologie d’hygiène du travail EN 689, ils ont simulé une tâche de nettoyage à l’isopropanol dans des conditions défavorables (« worst case »), notamment en position assise (voir vidéo).
L’étude a permis d’identifier la valeur moyenne d’exposition (VME – SUVA) la plus basse pour laquelle l’exposition pouvait encore être maîtrisée de manière satisfaisante : environ 6 à 7 ppm.
Pour les substances dont la VME est inférieure à cette valeur, une chapelle fonctionnant au débit standard n’offre plus une protection optimale au regard des critères de prévention des risques professionnels.
Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ?
Pour une même opération et en supposant un facteur d’émission équivalent*, le niveau de protection varie fortement en fonction de la valeur limite d’exposition de la substance :
|
Exemple de produit |
VME (SUVA, Suisse) |
Profil |
Protection au débit standard |
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Isopropanol (substance modèle) |
200 ppm |
solvant courant |
Suffisante ✓ |
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Tétrahydrofurane (THF) |
50 ppm |
très volatil, largement utilisé en synthèse |
Suffisante ✓ |
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Dichlorométhane |
50 ppm |
très volatil — cancérogène probable (CMR) |
Suffisante ✓ pour la voie inhalatoire; la voie cutanée doit être maîtrisée séparément. |
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Diméthylformamide (DMF) |
5 ppm |
solvant de synthèse — toxique pour la reproduction (CMR) |
Insuffisante ✗ |
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Chloroforme |
2 ppm |
utilisé en recherche — cancérogène probable (CMR) |
Insuffisante ✗ |
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Benzène |
0,2 ppm |
cancérogène avéré (CMR) |
Insuffisante ✗ |
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Ozone |
0,1 ppm |
utilisé dans des réactions chimiques |
Insuffisante ✗ |
* On admet un facteur d’émission identique pour chaque produit.
Pourquoi le débit d’extraction est déterminant ?
Ces résultats confirment ce que les hygiénistes du travail de l’EPFL observent en pratique : les débits prescrits par les fabricants et par la réglementation suisse peuvent ne pas assurer une protection suffisante lors de l’utilisation de substances toxiques ou de substances CMR — cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction — dont les valeurs limites d’exposition sont basses.
Comme ces substances peuvent être utilisées dans n’importe quelle chapelle des sites de l’EPFL, l’EPFL a renforcé les exigences de débit pour l’ensemble de ses chapelles de laboratoire, sur tous ses sites.
Les bonnes pratiques restent essentielles
L’étude a par ailleurs comparé les mesures réalisées sur des personnes à celles du robot de test SKAN (voir vidéo).
Deux enseignements principaux en ressortent :
Premièrement, l’exposition peut varier fortement d’une personne à l’autre. La posture et la manière de travailler influencent directement la quantité de contaminant inhalée.

Deuxièmement, les essais ont été réalisés dans des chapelles relativement peu encombrées et dans des conditions maîtrisées. Cela signifie que, même lorsqu’une chapelle offre un niveau élevé de protection — y compris lors de l’utilisation de substances CMR — ce sont les bonnes pratiques de laboratoire qui restent essentielles pour maintenir cette protection au quotidien.