
UNE ÉDUCATION AU RÉEL,
L’ATELIER CANTÀFORA À L’EPFL
18.03-05.06.2026
Du lundi au vendredi, de 9h à 17h
Ouverture les mardis soirs jusqu’à 20h
Archizoom, Bâtiment SG, Place Ada Lovelace, EPFL
Cette exposition explore le vaste domaine de la représentation graphique en architecture à travers quinze année d’enseignement de la représentation architecturale à l’EPFL, au tournant des années 2000. L’exposition présente une centaine de peintures sur bois, travaux didactiques réalisés entre 1997 et 2007 dans les Unités d’Enseignement de l’artiste peintre Arduino Cantàfora. Elles suggèrent une possible manière de faire, un « faire » entre pensée et actio, où le dessin et la peinture structurent un concept et deviennent un langage essentiel pour exprimer l’idée fondatrice d’un projet.
Une exposition réalisée avec le laboratoire LAPIS de l’Institut d’architecture et de la ville à l’EPFL, Nicola Braghieri, Filippo Fanciotti et Emy Amstein

ÉVÉNEMENTS
- Vernissage ! Mardi 17 mars
18h30 — Discussion entre Arduino Cantàfora et Luca Ortelli, modéré par Nicola Braghieri
19h30 — Ouverture des portes de l’exposition - Visite guidée Mardi 14 avril
17h30 — par Nicola Braghieri, en français
suivie d’une School Lecture de Truwant + Rodet + - Festival Les Culturelles à l’EPFL Mardi 5 mai
17h30-18h30 — Visites guidées de l’exposition Une éducation au réel, par Nicola Braghieri et de l’exposition Des Cèdres à Dorigny. Bâtir l’école d’architecture, par un·e archiviste des Archives de la construction moderne - SONO 2026 Lundi 18 mai
Journée internationale des musées
Une expérience musicale et muséale organisée par Lausanne musées - Book launch Mardi 19 mai
18h30 — Publication du livre Une éducation au réel
Présentation de Beatrice Lampariello
Discussion avec Nicola Braghieri et Filippo Fanciotti
Les visites guidées sont sur inscription.
Des visites guidées sont organisables sur demande pour les groupes et les écoles.

INTRODUCTION
Arduino Cantàfora, architecte, artiste, scénographe et écrivain milanais, a enseigné pendant plus de vingt ans, de 1989 à 2011, à l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne, où il a transmis aux élèves en architecture la théorie et les techniques du dessin ainsi que l’histoire de l’art. Il forme alors plusieurs générations d’architectes à l’observation et à la représentation de la réalité sensible, en les amenant à traduire les formes du monde en expressions graphiques et picturales. Il est l’auteur d’une centaines d’oeuvres conservées et exposées dans des musées du monde entier. Parmi celles-ci, La città analoga (1973) est devenue le manifeste et l’icône d’une époque de l’architecture.
Le projet de l’exposition est né à la découverte des travaux picturaux des élèves d’Arduino Cantàfora; une centaine de peintures sur bois, scrupuleusement ordonnés à l’arrière d’un bâtiment de l’EPFL.
Squelettes humains, coléoptères, locomotives à vapeur, intérieurs domestiques et, surtout, une centaine de fragments de façades urbaines, ont servi de sujets d’exercices à l’art du dessin et de la peinture. Malgré la transition vers le numérique, l’exposition porte la conviction que la culture artisanale du dessin et de la peinture continue de jouer un rôle fondateur et indispensable dans la formation au métier d’architecte.

Le titre, Une éducation au réel, fait explicitement allusion à des questions philosophiques et littéraires débattues durant les années d’étude universitaire d’Arduino Cantàfora, et devenues ensuite patrimoine culturel de sa génération. Attiré dès sa jeunesse par le plaisir technique et le savoir artisanal de la peinture du Caravage, il fonde les principes fondamentaux de son métier à travers un regard réaliste qu’il porte sur l’architecture et la ville. C’est dans cette approche qu’il nourrit ses aspirations artistiques, représente ses idées et, enfin, définit les contours de son enseignement. Le principe selon lequel «l’architecture dessine un espace réel adéquat, destiné à évoquer visuellement l’adéquation» devient, dans le projet pédagogique d’Arduino Cantàfora, une constante opérative de son enseignement, où la représentation coïncide avec sa puissance évocatrice.
L’approche réaliste se manifeste dans la conception artisanale du dessin et de la peinture: préparer la planche avec les élèves devient un rite initiatique collectif; tracer les lignes, un travail de précision technique; étendre les glacis, une catharsis expressive où lumière et matière se rejoignent dans une image fidèle à son idée du réel. Dans cette perspective, le dessin s’affirme comme un instrument intellectuel de la formation à l’architecture: discipline où apprentissage technique collectif et exercice critique individuel.
Pour Arduino Cantàfora, l’observation constitue pour l’architecte un moment nécessaire de la connaissance scientifique du réel. La peinture est ainsi une méthode d’enquête, capable de transfigurer, par ses règles techniques, l’interprétation personnelle en une vision objective où la surface de la matière, les ombres et les couleurs recouvrent la géométrie mécanique des lignes. Dans chaque planche, ce sont « toujours peu de choses, mais profondes » qui émergent comme des messages chargés de signification, précisément parce qu’ils constituent une expression conforme à la réalité du monde. Cette conformité confie à la surface picturale la profondeur des effets et des affects.

Je vois à Lausanne ou à Mendrisio que les étudiants [et étudiantes] s’expliquent […] leur projet par le dessin. Ce dessin est peut-être maladroit, parce que la quantité d’heures consacrées à cet exercice s’est réduite. Le dessin est un langage qui doit être entraîné, plus il est entraîné et plus il est maîtrisé. C’est le pari que j’ai relevé à l’EPFL, en démontrant qu’avec le temps nécessaire, tout le monde arrive plus ou moins à accomplir la tâche qui lui a été assignée. Et je crois que c’est un pari que j’ai gagné.



Une exposition réalisée avec le laboratoire LAPIS de l’Institut d’architecture et de la ville à l’EPFL.
Au sein du laboratoire LAPIS:
Curation
Prof. Nicola Braghieri
Assistant curation
Filippo Fanciotti
Reproduction photographique des œuvres
Emy Amstein
Au sein de l’équipe Archizoom:
Direction
Cyril Veillon
Scénographie et production
Dimitri Kasparian
Communication et reconduction photographique des façades
Solène Hoffmann
Administration
Beatrice Raball
Graphisme
Sophie Wietlisbach


