Des rites et des actions pour accompagner le pardon

Le pardon pourrait rester théorique, ou une intention difficile à mettre en pratique. Afin de le rendre possible toutes sortes de rites existent ou sont inventés pour l’accompagner et le favoriser. Ils ancrent le pardon dans une expérience concrète chargée d’un sens. Cela contribue à marquer un avant et un après, une avancée dans le processus. 

Pardonner ensemble

Commission vérité et réconciliation

Ces rites collectifs contribuent à repartir sur de nouvelles bases pour des populations entières après une guerre, une dictature, un régime d’apartheid, un génocide. Les Commissions vérité et réconciliation réunissent les victimes, les auteurs et autrices des crimes et les témoins. Les victimes peuvent raconter leur histoire. Cela leur permet de retrouver leur dignité. Les personnes responsables d’exactions sont appelées à avouer ce qu’elles ont fait et à demander pardon aux victimes ou à leurs familles. 

Cercles de pardon

Cette approche transpersonnelle donne l’occasion de faire œuvre de pardon vis-à-vis des autres et de soi-même, y compris par rapport à des personnes non présentes, voire défuntes. De manière contre-intuitive, plutôt que d’attendre une réparation de la part des personnes qui les ont blessées, les participant·es leur demandent pardon en s’adressant aux autres participant·es du Cercle. Cette demande favorise une libération émotionnelle.

Pardonner seul ou avec des proches 

  • écrire une lettre à la personne qui nous a fait du tort, puis brûler cette lettre
  • passer par le corps, par exemple en se coupant les cheveux
  • effectuer un voyage ou un pèlerinage
  • offrir un cadeau pour manifester un regret 
  • et d’autres rites à inventer

Pardonner en parallèle à la justice

Justice restaurative

La justice restaurative cherche des moyens pour répondre aux besoins des victimes en donnant la priorité à leur reconstruction. Elle se vit en parallèle à la justice pénale.

Un des processus possibles est l’organisation d’un dialogue entre la victime et l’auteur·trice. Il peut se faire de manière directe, par représentation ou par des formes indirectes de communication. 

  • La victime peut exprimer ses souffrances, poser des questions, et parfois obtenir des réponses sur ce qui a poussé une personne à commettre un crime.
  • L’auteur·trice prend conscience des conséquences de ses actes dans la vie d’une autre personne et peut demander pardon ou offrir une forme de réparation.

Pardonner avec les religions

Les grandes religions ont des rites de pardon tels que: demande de pardon personnelle ou collective, prières, examens de conscience, pèlerinages, bains rituels, confessions, annonce du pardon, actes de réparation.

 

Un exemple: quelle aide ou quels rites pour les vétérans de guerre? 

Les personnes qui ont participé à un conflit armé ont souvent du mal à surmonter le traumatisme du mal commis. Avoir dépassé ses propres limites morales engendre beaucoup de culpabilité et rend le pardon à soi-même particulièrement difficile. En plus de groupe de parole, des rites sont parfois proposés: planter un arbre, faire un pèlerinage, retourner sur les lieux d’un combat, vivre un rite de réintégration à la vie de tous les jours.