Une diversité de pardon?

Et vous, comment vous pardonnez? A travers quelles lunettes voyez-vous le pardon? Bref, quelle est votre culture du pardon? Car notre manière de le vivre n’est pas la même pour tout le monde, mais influencée par les grandes cultures collectives selon nos origines et croyances. Les priorités, les attentes, les gestes ou paroles diffèrent. 

En Chine par exemple, le pardon est souvent lié à l’harmonie sociale. On cherche à éviter le conflit ouvert plutôt qu’à le résoudre frontalement. L’objectif principal : préserver la relation et la “face”, c’est-à-dire la dignité sociale. On privilégie la stabilité du groupe sur l’expression individuelle. Pardonner peut être implicite, donc pas forcément verbalisé. Quand il est exprimé, il peut être relativement formel ou codifié. De plus, autant le confucianisme que le bouddhisme encouragent des formes de pardon comme un exercice de perfectionnement de soi. 

Celui qui est vertueux traite aussi avec bonté ceux qui ne le sont pas.

                                                                          Lao-Tseu

En Europe et en Amérique du Nord, le pardon est davantage vu comme un choix personnel, une démarche qui libère émotionnellement, et son expression directe est encouragée. On privilégie l’individu, l’authenticité, la parole.

Dans de nombreuses sociétés africaines, le pardon n’est pas seulement un acte individuel : il est souvent compris comme un processus collectif visant à restaurer l’harmonie au sein de la communauté. Les mécanismes traditionnels de médiation comme les conseils d’anciens, les rituels de réconciliation ou palabres, permettent d’exprimer les torts, de reconnaître la souffrance et de reconstruire le lien social. 

Pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient un partenaire.

                                                                       Nelson Mandela

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