L'essentiel en bref
▪️L’EPFL et le Collectif Cambium sàrl ont signé à l’été 2025 une convention portant sur la prolongation du bail à ferme jusqu’au 31 janvier 2030.
▪️Ce résultat fait suite à une procédure de conciliation initiée après la contestation par le Collectif de la résiliation du bail initial, qui courait jusqu’au 31 janvier 2026.
▪️Le Collectif s’engage «irrévocablement», selon les termes de la convention, à quitter les lieux au plus tard le 31 janvier 2030.
▪️Le Centre interfacultaire Bernoulli de sciences fondamentales déménagera dans les bâtiments de Bassenges au terme de leur transformation. Le projet architectural choisi par la Direction de l’EPFL en janvier 2025 sera réalisé en 2030-31.
▪️Les services du patrimoine et de l’aménagement du territoire ont rendu des préavis positifs quant au changement d’affectation des bâtiments. Les terres resteront dédiées à la culture vivrière et à la préservation de la biodiversité.

Future cour intérieure de la ferme de Bassenges – © Donald Insall Associates
Communiqué du 9 septembre 2025
L’EPFL et le Collectif Cambium s’accordent sur une prolongation de bail de 4 ans
Les travaux de transformation des bâtiments du site de Bassenges, sur le campus lausannois de l’EPFL, démarreront en 2030. Le collectif Cambium voit ainsi son bail prolongé de 4 ans à l’issue d’une procédure de conciliation.
Le bail à ferme liant l’EPFL au Collectif Cambium sàrl et portant sur la mise à disposition des bâtiments et des terrains agricoles du site de Bassenges, sur la partie Ouest du campus lausannois de l’EPFL, voit son échéance reportée jusqu’au 31 janvier 2030. Tel est le résultat d’un accord négocié dans le cadre d’une procédure de conciliation. Celle-ci faisait suite à la contestation par le Collectif de la résiliation de bail au 31 janvier 2026, qui lui avait été signifiée par l’École dans les délais contractuels prévus.
Selon les termes de la convention, les fermiers s’engagent irrévocablement à quitter le site au plus tard le 31 janvier 2030. Ce nouveau calendrier permet à l’EPFL de maintenir son projet de valorisation des bâtiments de Bassenges afin d’y installer le Centre interfacultaire Bernoulli de sciences fondamentales – un institut d’enseignement et de recherche de portée internationale, qui occupe actuellement des locaux provisoires au sein de l’Ecole. «Pour nous, il était fondamental de parvenir à un accord qui soit satisfaisant pour les deux parties. Bien que cela retarde le déménagement du Centre, nous privilégions une vision à long terme pour l’École et une coexistence harmonieuse avec la société» , souligne Anna Fontcuberta i Morral, présidente de l’EPFL.
Les terres actuellement cultivées par le Collectif Cambium garderont leur vocation d’agriculture et de préservation de la biodiversité après le départ des fermiers. L’EPFL a développé un concept associant culture maraîchère, jardins de conservation et espaces à haute valeur écologique. Les bâtiments, classés au patrimoine, seront quant à eux rénovés et adaptés afin de servir au mieux les intérêts du Centre interfacultaire Bernoulli. Les services communaux, cantonaux et fédéraux concernés ont d’ores et déjà émis des préavis favorables quant à la réaffectation des locaux.
Rappel du contexte
L’enseignement, la recherche et le transfert de technologie sont les missions de l’EPFL, telles que définies par la Loi sur les écoles polytechniques fédérales. Celle-ci demande aussi aux EPF d’assurer un engagement fort envers le grand public.
L’EPFL se réjouit du succès considérable qu’elle affiche depuis de nombreuses années. Celui-ci se traduit toutefois par un constat sans appel: les espaces de l’École sont saturés et l’institution manque de place pour l’enseignement et la recherche, pour organiser des séminaires, des ateliers scientifiques, des conférences publiques, etc. Pour la première fois de son histoire, elle a dû mettre en consultation une forme de «numérus clausus» afin de contenir la croissance du nombre d’étudiantes et d’étudiants.
L’EPFL a donc besoin de créer de nouveaux lieux dédiés à ses tâches principales. Or les bâtiments du site de Bassenges, propriétés de la Confédération pour l’usage de l’EPFL et rattachés au campus principal de Lausanne, sont aujourd’hui dévolus à un usage qui n’est pas en lien avec les missions de l’École: ils sont en effet mis à la disposition, pour un franc symbolique, du collectif qui exploite les 7,3 hectares de terres agricoles appartenant à l’EPFL et à l’Université de Lausanne (voir ci-dessous).
Ces bâtiments, inscrits au patrimoine comme objets d’intérêt régional, ont en outre besoin de rénovations en profondeur. L’EPFL souhaite ainsi saisir l’opportunité de les valoriser et de transformer ce site privilégié en un centre de recherche en sciences fondamentales de portée mondiale, le Centre Bernoulli.
Le Centre Bernoulli

Ce centre a pour vocation d’être un lieu d’échange et de rencontre pour des scientifiques de haut vol, mais aussi de programmes avancés pour les étudiant·e·s et futur·e·s étudiant·e·s. Le Centre contribue ainsi au développement et à la dissémination des sciences fondamentales tant au niveau suisse que mondial. Il s’appuie entre autres sur la réputation des professeurs Maryna Viazovska et Martin Hairer, titulaires de la Médaille Fields, l’équivalent du Prix Nobel pour les mathématiques.
Par le passé, ce type de centre a permis d’incuber un grand nombre des accomplissements intellectuels des 20e et 21e siècles. Citons par exemple le développement de la théorie de la relativité générale par Einstein au sein de l’Institute for Advanced Study de Princeton (Etats-Unis), sans laquelle nos GPS ne pourraient pas exister, ou le développement des fondements de la cryptographie par Shannon à Bell Labs, sans quoi nous ne pourrions pas communiquer de manière sûre avec notre banque par internet.
Un nouvel espace adapté aux besoins
Aujourd’hui installé dans des bureaux provisoires, le Centre Bernoulli ne dispose pas d’un lieu d’où il pourrait déployer toutes ses ambitions. Il souhaite par exemple étendre et multiplier les activités dédiées à la jeunesse, mais doit actuellement y renoncer faute de place pour les accueillir.
C’est la raison pour laquelle l’EPFL s’est lancée dans l’étude de différentes options visant à lui conférer des espaces adaptés à ses besoins.
Parmi plusieurs propositions, le complexe de Bassenges s’est imposé comme étant le plus approprié. Il se compose de plusieurs bâtiments:
- une ancienne maison de maître (Château de Bassenges) comprenant env. 530 m2 de surface nette
- une «maison vigneronne» (env. 330 m2)
- une «maison carrée» (env. 515 m2 avec ses annexes)
- un important rural qui pourrait recevoir jusqu’à env. 630 m2 de surface nette.
Ces bâtiments, comme le terrain sur lequel ils sont construits, appartiennent à la Confédération. Ils sont tous très proches les uns des autres et sont inscrits au patrimoine (note 2). Ils présentent un important besoin de rénovation. Au vu de leur caractère historique, l’objectif est de les valoriser par des transformations intérieures, sans modifier en profondeur leur aspect extérieur. La revalorisation du site et les rénovations prévues font l’objet de travaux concertés avec les services compétents du Canton et de la Commune.
Les travaux permettront la réalisation d’un centre de formation, de réunions et de recherche de classe mondiale, la mise à disposition d’espaces de travail pour des scientifiques en résidence, l’organisation de séminaires et d’ateliers de recherche, l’organisation d’activités pour les étudiantes et étudiants de l’EPFL. Il pourra aussi accueillir les jeunes élèves du Cours Euler et du Cours Turing et héberger diverses manifestations destinées à la diffusion de la science auprès du grand public.
Avenir des terres agricoles
Pour se concrétiser, ce projet implique toutefois le déménagement du Centre de l’Énergie de l’EPFL, qui est actuellement installé au Château de Bassenges, ainsi que la non-reconduction du bail actuellement en vigueur (prolongé jusqu’au 31 janvier 2030 par une convention signée à l’été 2025) au bénéfice d’un collectif de jeunes agricultrices et agriculteurs. Celui-ci a obtenu en 2019 l’adjudication de l’appel d’offres lancé conjointement par l’UNIL et l’EPFL pour l’exploitation des 7,3 hectares de terres agricoles répartis sur plusieurs secteurs du campus conjoint.
Ce «Collectif Cambium» a développé un concept de «micro-ferme agroforestière de polyculture-élevage», qu’il a commencé à mettre en place dès le début de 2020. Il produit aujourd’hui des légumes, des céréales et du fromage qu’il valorise au moyen de paniers, d’un marché à la ferme et de distribution sur des circuits courts. Il bénéficie de l’usage des champs ainsi que des bâtiments pour un loyer symbolique de CHF 1 par année. Les membres du collectif ont été informés en juillet 2023 des intentions de l’EPFL quant à ces bâtiments. Le contrat en cours avec le collectif prévoyait dès sa signature la possibilité que l’EPFL récupère l’usage des bâtiments pour ses besoins, moyennant une information préliminaire de 2 ans. Face aux besoins qu’elle rencontre, l’EPFL a communiqué cette intention aux membres du collectif en juillet 2023, soit 2 ans et demi avant le terme du contrat.
La reprise des bâtiments ne signifie toutefois pas l’abandon ou un bétonnage des terres agricoles du site de Bassenges. Le 19 décembre 2024, la Direction de l’EPFL a ainsi validé un projet comprenant des activités de maraîchage et d’arboriculture ainsi que la création de jardins d’agrément et de conservation aux abords des bâtiments.
Jardin comestible pour la biodiversité et le paysage
Le projet pour les terrains agricoles du site de Bassenges vise à créer un espace multifonctionnel poursuivant les efforts déployés depuis plusieurs années, ceci en intégrant notamment potager, verger, biodiversité et sensibilisation, en cohérence avec le projet architectural développé pour le Centre Bernoulli.
En favorisant les interactions entre différentes zones, il proposera un aménagement harmonieux et fonctionnel, valorisant à la fois l’usage humain et la préservation des écosystèmes.
En contact avec le hangar, un potager destiné à la communauté EPFL sera créé. Le verger existant sera complété en associant arbres à haute et basse tige afin de contribuer à la production de fruits et structurer le paysage.
La partie Est du verger sera gérée en fauche tardive afin d’offrir des ressources polliniques au rucher existant. La partie Ouest sera quant à elle pâturée pour limiter l’entretien manuel et renforcer l’ancrage historique agricole du site.
Au Nord-Est, un biotope humide occupera le point bas de la parcelle. Sur l’ensemble du site, un complément de petites structures renforcera les corridors écologiques existants, de même la haie vive existante sera prolongée et densifiée. Un jardin d’agrément se développera au contact des bâtiments en reprenant les structures paysagères historiques.
L’entretien général sera assuré par des prestations de maraîchage, d’arboriculture et de pâturage à façon.

Adjudication du projet architectural
Dans sa séance du 14 janvier 2025, la Direction de l’EPFL a sélectionné le lauréat du concours d’architecture. Il s’agit d’un consortium rassemblant le bureau Eric Maria Architectes à Cologny, HTA Design LLP à Londres et le coordinateur, Donald Insall Associates à Londres.
Selon la présentation des architectes,
Le Centre Bernoulli à Bassenges transforme un ancien complexe agricole en un campus dynamique et entièrement accessible, alliant patrimoine, fonctionnalité et nature. En réhabilitant la Maison de Maître, le batiment Rural, la Maison du Fermier et la Maison Vigneronne, le projet préserve son caractère historique tout en répondant aux besoins contemporains des étudiants et des professionnels.
Le concept repose sur une circulation fluide et une accessibilité totale, qui favorisent les déplacements à pied et à vélo entre les espaces, mettant en valeur un environnement piétonnier et durable.
Chaque bâtiment conserve sa structure d’origine avec des interventions minimales, réutilisant la construction et la matérialité historique, tout en optimisant les espaces intérieurs pour accueillir des bureaux, des salles de réunion et des espaces de travail collaboratifs. L’usage en est facilité par l’ajout de rampes et d’ascenseurs intégrés harmonieusement dans les bâtiments existants.
Au long d’un axe majeur de mobilité, le projet connecte des pièces vertes diversifiées entre les bâtiments, offrant des zones de bien-être et de détente aux étudiants. Des liens visuels transversaux entre les bâtiments, associés à des cheminements secondaires, permettent aux utilisateurs d’explorer également le paysage agricole environnant.
Ce projet incarne une symbiose entre modernité et tradition, transformant ce site patrimonial en un campus accessible, fonctionnel et en phase avec l’évolution sociétale, son environnement naturel et historique