Demander pardon, et si c’est non ? 

Une situation “idéale” ! Je demande pardon et l’autre accepte mon pardon. Cela apporte un apaisement de part et d’autre, et parfois une réconciliation est possible.

Une situation ”sans issue”? Je demande pardon et l’autre ne veut pas me pardonner. Je regrette ce que j’ai fait, mais l’autre ne veut pas en entendre parler, pour différentes raisons qui lui appartiennent. Il est peut-être trop tôt et la blessure est encore vive. Parfois, il n’est plus possible de demander pardon, la personne n’est plus là. Dans d’autre cas, la personne elle-même n’arrive pas à se pardonner. 

Alors, que faire, comment avancer malgré le poids de la culpabilité ? Peut-on se pardonner à soi-même si l’autre ne veut pas, s’il n’est plus là, ou quand la culpabilité est très forte ? 

C’est possible, et cela demande un processus intérieur de réconciliation: 

  • Mieux comprendre sa culpabilité et reconnaître sa responsabilité. En effet, la culpabilité survient quand on a fait quelque chose contre ses propres valeurs. La culpabilité est aussi un signe de notre capacité d’empathie. A ce titre, elle est saine et permet une prise de conscience. Elle a ensuite besoin de déboucher sur quelque chose, d’être libérée. Sinon, la culpabilité devient paralysante et destructrice. 
  • Avoir de la bienveillance envers soi-même. Nul n’est parfait. 
  • Comprendre ce qui nous a poussé à agir ainsi pour éviter que cela ne se reproduise.
  • Parfois s’engager dans une forme de réparation concrète.
  • Faire un rituel de pardon.

Tout cela aide à se pardonner à soi-même.

Un accompagnement par des professionnel·le·s peut aider dans ce travail personnel.

Là où le pardon est difficile, les traditions spirituelles offrent aussi des voies pour sortir des impasses. Les religions monothéistes ouvrent notamment à un pardon qui vient de Dieu. La personne croyante peut se sentir aimée malgré ce qu’elle a fait et se réconcilier avec elle-même.

On ne peut pas toujours réparer ce qui a été détruit. Mais en se pardonnant, on peut vivre autrement avec ce qui a eu lieu. 

                                                                         Olivier Clerc, écrivain