Enseignement et recherche

Ateliers | Objets d’étude

Tremplin de saut à ski des JO d’hiver de Grenoble (1968)

Saint-Nizier-du-Moucherotte, Isère, France / Pierre Dalloz (arch.)

La Halle Tapponnier (1929)

Annemasse, Haute-Savoie, France / Hennebique (ing.)

Les premiers bâtiments de l’EPFL (1971-84)

Ecublens Canton de Vaud, Suisse / Zweifel + Strickler + Associés (arch.)

Recherche | Objets d’étude

E-1027 (1929)

Roquebrune-Cap-Martin, Alpes-Maritimes, France / Eileen Gray et Jean Badovici (arch.)

Tempe a Pailla (1932)

Menton, Alpes-Maritimes, France / Eileen Gray (arch.)

Les Colombières (1927)

Menton, Alpes-Maritimes, France / Ferdinand Bac (arch.)

L’enseignement et la recherche en atelier, dans le cadre du cours et dans celui du suivi des Projets de Master, contribuent à former le regard vis-à-vis de l’existant, c’est-à-dire parvenir à situer un bâtiment dans son contexte historique, économique et social, évaluer ses caractéristiques architecturales, matérielles et constructives, comprendre ses potentialités et ses faiblesses techniques.

La mise au jour du potentiel d’un bâti existant, qu’il soit protégé ou ordinaire, implique son étude préalable. Il s’agit donc tout d’abord de s’approprier les méthodes et les outils spécifiques de l’étude patrimoniale. Leur maîtrise, à laquelle tend à initier les enseignements dispensés au sein du laboratoire, participe d’une meilleure compréhension de ce qui est déjà là, en vue d’une éventuelle intervention. Il s’agit également de prendre conscience que cette étude constitue une part intégrante du projet et pas seulement une phase liminaire, dépourvue d’intentions conceptuelles. L’étude patrimoniale intègre le relevé de l’existant, son étude historique et sa critique d’authenticité ainsi que son diagnostic technique et sanitaire. La mener à bien suppose d’adopter une démarche pluridisciplinaire en impliquant des spécialistes tels que des ingénieurs, des entreprises et des chercheurs. Cette phase d’étude constitue également une opportunité de s’interroger sur les modes de représentation de l’architecture et du paysage. Par ailleurs, il est important de rappeler que l’ensemble de ces méthodes et outils ne constitue pas seulement un corpus figé de procédés expérimentés mais bien un champ de recherche contemporain, expérimental et continu, qu’investit le laboratoire adher.

L’intervention dans l’existant est une pratique ancienne bien que résolument contemporaine, en phase avec les enjeux écologiques et sociaux d’aujourd’hui. L’obsolescence fonctionnelle d’une partie du patrimoine du XXe siècle constitue elle-même un enseignement. Elle attire notre attention sur la capacité d’adaptation de ce qui est déjà là et de ce que nous construisons. Cette adaptabilité s’entend bien sûr sur le plan programmatique mais également sur le plan environnemental. L’implantation de certains de ces bâtiments en moyenne montagne, par exemple, nous impose de nous saisir de la problématique du changement climatique, particulièrement tangible dans ces milieux-ci. L’implantation d’autres de ces bâtiments en cœur de ville, dans des quartiers parfois en plein redéveloppement, nous impose quant à elle de nous interroger sur les enjeux contemporains d’une transformation en milieu urbain et, là aussi, sur ceux qu’impliquent le changement climatique. Le constat de ses effets doit nous responsabiliser et nous pousser à agir, en se saisissant du bâti existant comme d’une ressource pour moins démolir et moins construire.

Seule une réactivation par l’usage peut assurer la pérennité de l’existant. La reprogrammation constitue à ce titre une phase de réflexion préalable et indispensable à la réhabilitation. Viennent ensuite les différents types d’intervention dans l’existant, de la restauration à la création, en passant par la transformation. Ces derniers ne doivent pas être déterminés a priori mais résulter des conclusions de l’étude patrimoniale, en particulier de celles relatives à la valeur patrimoniale de l’existant. Le potentiel du patrimoine ne se révèle concrètement qu’à travers ces interventions. Pour servir au présent, l’existant peut ainsi nécessiter une restauration, totale ou partielle, impliquer une transformation d’une de ses parties, voire exiger une création, sous la forme d’une extension par exemple. De plus, au-delà du type d’intervention, se pose la question du parti pris. En effet, chacun de ces types se décline pour participer au mieux à un projet cohérent. Ces interventions doivent être contextualisées (c’est-à-dire définies par rapport au site, aux matériaux, aux mises en œuvre, etc.) et inscrites parmi celles de nombreux partenaires (ingénieurs et entreprises spécialisés).

Finalement, l’objectif commun de ces enseignements et recherches est de partager et de débattre d’une conviction, celle du potentiel du patrimoine. Ce faisant, il s’agit de mettre chacun en position de pouvoir exalter pleinement, et consciemment à travers ses futurs projets, le potentiel du déjà-là.