
Impacts écologiques et climatiques des plaines proglaciaires groenlandaises
Le changement climatique d’origine anthropique affecte de manière disproportionnée les écosystèmes arctiques, où le réchauffement est de deux à quatre fois plus rapide que la moyenne mondiale. Par conséquent, le système arctique subit actuellement des transformations sans précédent à plusieurs niveaux — de la terre à la mer, jusqu’à l’atmosphère.
L’un des effets de ce réchauffement est le retrait des glaces continentales, qui laisse derrière lui de nouvelles zones terrestres exposées, appelées plaines proglaciaires (glacial outwash plains). Ces environnements nouvellement exposés se caractérisent par de forts gradients environnementaux et écologiques, sont recouverts de poussières fines, et pourraient devenir à l’avenir des sources ou puits de gaz à effet de serre, ainsi que des sources de poussières fines et de bioaérosols, ayant tous deux des effets en cascade sur le climat mondial.
Cependant, malgré les récents efforts internationaux visant à comprendre les conséquences du retrait des glaces sur ces plaines proglaciaires, leurs impacts restent encore peu quantifiés.
L’objectif principal du projet ECO-Plains est de déterminer les impacts écologiques et climatiques de l’expansion des plaines proglaciaires groenlandaises en adoptant une approche interdisciplinaire à l’interface de la microbiologie, des sciences atmosphériques et de l’apprentissage automatique appliqué à l’observation de la Terre.
Le projet inclura des mesures de terrain à l’échelle locale portant sur la microbiologie, la quantité et la composition chimique des poussières, ainsi que sur les émissions et absorptions de gaz à effet de serre dans les plaines proglaciaires du sud et du centre du Groenland. Ces observations seront étendues à l’échelle régionale du Groenland et de l’Arctique grâce à la modélisation atmosphérique et à l’application de techniques d’apprentissage automatique à des images satellites, afin de fournir les premières estimations des impacts climatiques pertinents.
Investigateurs principaux : Julia Schmale, Ianina Altshuler & Devis Tuia
Membres de l’équipe : Nora Bergner (EERL), Grace Marsh (MACE), Gaston Lenczner (ECEO)