L’audiovisuel pour l’enseignement

Studio de télévision, Centre Est, EPFL (photo Constantin/Wagnières) Dès la planification de l’école, un studio de télévision est prévu dans le Centre Est, encore utilisé aujourd’hui.

Studio de télévision, Centre Est, EPFL (photo Constantin/Wagnières) Dès la planification de l’école, un studio de télévision est prévu dans le Centre Est, encore utilisé aujourd’hui.

L’installation de l’EPFL à Ecublens a marqué la réalisation d’un projet non seulement architectural, mais aussi audiovisuel. Le déménagement de l’école dans les années 1970 coïncide en effet avec d’importantes réflexions sur l’usage des moyens audiovisuels dans la pédagogie universitaire, dont témoigne l’aménagement d’un studio de télévision au cœur des nouveaux bâtiments. Depuis, les dispositifs utilisés ont beaucoup évolué, de la diapositive au PowerPoint, du projecteur tritubes à l’écran plat. Désormais omniprésents sur le site, les écrans n’ont cessé depuis cinquante ans de redéfinir les pratiques de l’enseignement et de la recherche.

Pédagogie et enseignement académique

Lors de sa création, une idée novatrice de l’EPFL fut de lier les questions de didactique aux moyens audiovisuels émergents. Afin de se situer à la pointe de la recherche en matière de pédagogie, l’institution a cherché à mobiliser les nouvelles technologies dans le cadre de l’enseignement supérieur. Choix singulier dans le domaine des sciences dures, l’introduction d’une chaire dédiée à la didactique s’est révélée un élément central pour le développement de nouvelles méthodes d’enseignement, allant de la diapositive ou du film à la télévision et à la vidéo. Aujourd’hui, les formes plurielles de l’audiovisuel perpétuent cette ambition, notamment au travers de la production de cours à distance.

Technologies d’hier et de demain

Omniprésents depuis les origines de l’institution jusqu’à ce jour, les dispositifs audiovisuels parsèment les couloirs et les auditoires du campus. Mais qu’advient-il des nombreux appareils devenus obsolètes ? Ils sont entreposés dans les sous-sols de l’EPFL, dans les locaux du Service audiovisuel (SAVE). Ces reliques du passé sont les précieux témoins d’une histoire encore peu racontée : celle de l’évolution des usages de la technologie dans le cadre académique. C’est cette histoire dont témoignent le studio TV de l’EPFL, installé sur deux étages dans le Centre Est, les multiples outils successifs de numérisation, ainsi que les premiers appareils de projection de l’image vidéo, nés dans le sillage de l’Eidophor.

Interview de Jean-Jacques Lagrange – version longue

Co-fondateur du Groupe 5 aux côtés d’Alain Tanner et de Claude Goretta notamment, Jean-Jacques Lagrange a également été très actif au sein de la télévision suisse romande. Au début des années 1950, il a été l’un des pionniers de ce nouveau médium et a réalisé plusieurs des premières émissions télévisuelles de Romandie. Jean-Jacques Lagrange a aussi été l’un des premiers à connaître et à maîtriser un dispositif peu connu aujourd’hui, mais novateur en son temps, situé à cheval entre cinéma et télévision : l’Eidophor. Cet appareil a fait naître de grands espoirs dans l’enseignement universitaire, notamment à l’EPFL, qui a eu recours à l’un de ses dérivés avant le passage à la projection numérique.

Interview de Marcel Lucien Goldschmid – version longue

Marcel Goldschmid est le fondateur de la chaire de Pédagogie et didactique de l’EPFL. Créée au tout début des années 1970, la chaire a notamment permis à l’institution de repenser et de moderniser ses méthodes d’enseignement en y intégrant les nouveaux moyens audiovisuels. Le travail pionnier de Marcel Goldschmid, mêlant pédagogie, psychologie et technologie, a contribué à transformer les appareils audiovisuels émergents en véritables outils de communication pédagogique.

Eugénie Constantin et Michael Wagnières (UNIL, histoire et esthétique du cinéma)