La nouvelle architecture internationale en Suisse

La première partie du cours de Salvatore Aprea traite des prémisses théoriques de l’architecture moderne en Suisse. Des réflexions datant des années 1910 et d’importants évènements des années 1920 sont analysés en relation étroite avec le contexte international de l’époque. Le contenu du périodique ABC Beiträge zum bauen et sa portée culturelle, le concours pour le Palais de la Société des Nations à Genève, la participation d’un groupe d’architectes du Schweizerischer Werkbund à l’exposition Die Wohnung qui s’est tenue à Stuttgart en 1927 et la fondation des Congrès Internationaux d’Architecture Moderne à La Sarraz l’année suivante sont présentés. À cet égard, l’attention est concentrée sur les contributions fondamentales d’architectes et théoriciens de l’envergure de Karl Moser, Hans Schmidt, Sigfried Giedion, Henri-Robert Von der Mühl et Alberto Sartoris. Plusieurs architectures modernes de l’époque sont examinées, la Villa «Le Lac» de Le Corbusier à Corseaux, qui a eu un rôle de précurseur, et les premiers projets de Schmidt, Paul Artaria, Karl Moser, Rudolf Steiger et Von der Mühl.

Une deuxième partie traite de la floraison de l’architecture moderne dans les années 1930 à travers les œuvres de nombreux architectes, notamment celles de Schmidt et Artaria, Steiger, Max Ernst Haefeli, Werner Moser, Ernst Friedrich Burckhardt, Hans Brechbühler, Alfred Roth, Von der Mühl, Sartoris, Jacques Favarger, John-Théodore Cornaz, Joseph Marc Saugey. Dans ce contexte, un chapitre est consacré au développement du génie civil et au rôle important qu’il a joué dans la recherche d’un rapport optimal entre structure, fonction et forme.

La troisième section est consacrée à l’évolution de l’architecture après la Seconde Guerre mondiale et porte d’abord sur le débat théorique et sur les initiatives qui visaient à dépasser l’état de blocage causé par les positions des adhérents au Heimatstil et au Landistil pendant la guerre et dans l’immédiat après-guerre. Les deux courants majeurs qui se développèrent dès la moitié des années 1950 sont ensuite examinés, à savoir, celui prôné par les architectes qui entendaient réaffirmer les principes puristes du mouvement moderne, et le courant de ceux qui suivaient le chemin de l’investigation sur la forme, dans le sillage des travaux de Le Corbusier et des recherches sur « la bonne forme » promues par le Schweizerischer Werkbund.